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Le Sénégal s’engage à atteindre les Objectifs de développement durable (Odd) à l’horizon 2035. La Commission nationale du dialogue des territoires (Cndt) et Millenium promise organise depuis hier un atelier destiné à améliorer la mise en œuvre des Odd au niveau local.

Adoptés en septembre 2015, les Objectifs de développement durable (Odd) sont devenus un agenda mondial pour lequel le Sénégal s’est aussi engagé. Mais selon le directeur de Millenium promise (Mp), une organisation internationale présente au Sénégal, l’atteinte des Odd ne peut se faire sans une appropriation par les collectivités locales. «Nous pensons que les Odd ne pourront pas être atteints si les communautés ne s’en approprient pas. Il faut que les communautés s’approprient les odd, les indicateurs, les cibles, les interventions et que dans chaque collectivité locale, les plans de développement intègrent ces Odd», souligne M. Niang qui s’exprimait à l’occasion d’un atelier sur la localisation des Odd, co-organisé avec la Commission nationale du dialogue des territoires (Cndt). Dans cette optique, le directeur de Mp préconise une refonte du système statistique qui présente, selon lui, des limites. «On ne peut pas faire de développement sans données. C’est de la spéculation. On doit le faire à partir des éléments quantitatifs et qualitatifs recueillis au niveau des populations. Et ce sont ces données qui vont éclairer les plans de développement et les décisions qui seront prises.» Cela peut se faire dans le cadre de la déconcentration des services administratifs, souligne M. Niang, qui invite les services statistiques à descendre au plus petit niveau de territoire. Cela, dans l’optique de dresser une situation de référence dans chaque communauté. «Il faut qu’il y ait des cibles et des indicateurs et qu’ils identifient des interventions qui leur permettent de quitter la situation de référence pour arriver aux Odd. Ces interventions doivent intégrer les attentes, les préoccupations, les ressources et les connaissances des populations», indique M. Niang.
Les territoires ne sont pas si pauvres. Et pour M. Birame Owens Ndiaye du ministère de la Décentralisation et des collectivités locales, en moyenne, les villes de l’intérieur génèrent un produit local brut d’environ 50 milliards de francs Cfa. Dans certains cas comme Podor, l’on parle même de 120 milliards de francs Cfa. Des ressources qui peuvent aider à financer les Odd, estime M. Ndiaye qui prône une synergie des acteurs locaux, étatiques, voire même internationaux.
L’atelier d’hier, qui a réuni des élus locaux, des chercheurs et des membres de la société civile, vise à définir et valider les indicateurs des Odd qui seront applicables au niveau local. Mais selon M. Arona Ba, secrétaire permanent de la Cndt, les Odd sont déjà dans le Plan Sénégal émergent (Pse). «Si on prend le secteur de la santé, les 4 indicateurs Pse que sont la planification familiale, l’accès aux soins prénataux, l’accouchement assisté par un personnel médicalisé, la prévention de la transmission Vih mère/enfant, tous les indicateurs dans la nutrition sont des indicateurs de développement durable.» Le grand défi étant, selon lui, de faire en sorte que dans le cadre de la territorialisation des politiques publiques, que les indicateurs Odd, Pse et lettre de politique sectorielle soient localisés de sorte à avoir des instruments qui soient taillés sur mesure pour chaque collectivité.
mamewoury@lequotidien.sn

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