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Hier, l’administrateur de société Afia Loum était à la barre du Tribunal correctionnel pour le délit présumé de vol. La société française de métallurgie, Feramus construction matériaux, lui réclame 2 milliards de francs Cfa de dommages et intérêts. Une histoire de vente de matériaux à Diamniadio est à l’origine de cette affaire.

La société française de métallurgie, Feramus construction matériaux, réclame à l’entrepreneur Afia Loum un montant colossal : 2 milliards de francs Cfa. Elle accuse le Sénégalais d’avoir volé ses matériaux à la cité industrielle de Diamniadio. L’affaire a fait hier l’objet de débats devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar. A la base, la société française avait un contentieux avec la Sgbs (Société générale de banques du Sénégal). Feramus construction matériaux devait plus de 400 millions de francs Cfa à la banque, selon la défense. Un jugement par défaut a été rendu par le Tribunal. C’est ainsi que la Sgbs a confié la vente aux enchères des installations de l’usine au commissaire-priseur Oumar Guèye. Ce dernier fait alors une insertion dans un journal pour informer le public. Plusieurs candidatures ont été enregistrées, d’après lui. Et selon l’avocat du prévenu, son client a été déclaré adjudicataire parce qu’ayant fait la meilleure offre, à savoir la somme de 120 millions de francs Cfa. Après paiement, raconte le prévenu, un bon d’enlever du matériel lui a été remis par le commissaire-priseur. «J’ai agi sur la base d’un bon à enlever en présence d’éléments de la gendarmerie de Diamniadio, mis à ma disposition par le commandant. J’ai agi en bonne foi. On a enlevé exactement ce qui était dans le bon à enlever», s’est défendu le mis en cause.
Le matériel en question était composé entre autres de 15 containers contenant des pièces détachées, des câbles, des machines à souder, des accessoires d’emballage de hangar. Selon le témoin Yannick Jean Marie Chochoi, tout a été enlevé par le prévenu. Même, dit-il, le hangar métallique a été démonté, une machine à bloc destinée à la fabrique de briques a été emportée, alors qu’il ne devrait pas les toucher. Le commissaire-priseur qui a comparu aussi à titre de témoin n’était pas en mesure de dire si le prévenu s’est juste limité à la liste des matériaux mentionnés dans le bon à enlever ou s’il a ajouté d’autres. Ce qui fait dire à Me Emmanuel Padano de la partie civile que «Oumar Guèye est complice, à la limite co-auteur dans cette affaire». Il poursuit : «Ils ont dévasté la société. Est-ce qu’un Pv de saisie de vente autorise l’acquéreur à procéder à la dévastation de cette usine ? La procédure n’a pas été respectée. L’acquéreur savait pertinemment ce qu’il a acheté. Le bon à enlever ne correspond pas au Pv de saisie.» A sa suite, son confrère Me Mbaye Sène ajoute : «Ce bon à enlever n’est pas un titre de propriété. Le commissaire-priseur a failli à sa mission. M. Loum ne prouve pas sa qualité d’acquéreur. Il n’a pas présenté de procès-verbal d’adjudication.» La défense a plaidé la relaxe pure et simple de son client sans peine, ni dépens. Pour Me Baboucar Cissé, «même un dimanche ou la nuit, il avait le droit de les enlever du moment où il a le bon à enlever. Il n’a ni volé ni soustrait». L’affaire a été mise en délibéré au 17 janvier 2019. Le procureur avait requis l’application de la loi.
msakine@lequotidien.sn

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