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L’affaire des terres de Ndengeler dans la commune de Ndiaga­niao,  qui oppose la Sedima aux populations locales dudit village, prend une autre tournure. En effet, le village de Djilakh, situé dans la commune de Sindia, ajoute de l’huile sur le feu, il réclame et revendique la paternité de ces terres et déclare qu’elles se situent dans son périmètre communal.

La polémique enfle entre le village de Ndengeler, situé dans la commune de Ndiaganiao,  et celui de Djilakh, situé dans la commune de Sindia, une affaire de foncier est à l’origine de la montée d’adrénaline. Chacun de ces deux villages réclame la paternité des 80 hectares attribués à Babacar Ngom, le patron de la Sedima. En conférence de presse ce jeudi, à Djilakh,  le chef de village, Malick Ndiaye, a précisé que cette question des limites a  été réglée depuis 2008 par les autorités étatiques et administratives avec un procès-verbal et une liste de présence qui confirment ses propos. «Le procès-verbal de délimitation est là, les archives existent bel et bien  au niveau des trois sous-préfectures et au niveau des trois mairies que sont Ndiaganiao, Sindia et Fissel. L’adjoint du préfet de Mbour, le sous-préfet de Fissel  et le sous-préfet de Séssene étaient présents ce jour.  Sur le terrain, les bornes qui montrent les limites de chaque commune sont très visibles. Pour être plus clair, les terres qui sont attribuées au groupe Sedima se trouve bel et bien dans la surface communale de Sindia», tranche de façon catégorique le chef de village de Djilakh.
A l’en croire, les raisons de cette confusion sont à chercher ailleurs. «La délimitation c’était en 2008, maintenant c’est en 2012 que la communauté rurale de Sindia a affecté une superficie de 300 hectares au groupe Sedima. Après cette affectation en 2012, il s’est trouvé que Babacar Ngom, en 2012, n’a fait que délimiter sa surface qui est de 300 hectares. Alors, il faut noter qu’entre 2013, 2014 jusqu’en 2015, il n’a pas exploité ces terres. La nature ayant horreur du  vide, les habitants de Ndengeler ont profité de cette situation  pour occuper ces terres-là  et ont commencé à y cultiver  pour la première fois», a déclaré Malick Ndiaye.
Ce dernier a également rappelé que l’objectif de l’attribution de ces terres à Babacar Ngom était d’y installer un projet à usage avicole et que le patron de la Sedima avait pris des engagements qui ont été consignés dans le procès-verbal dont les archives sont disponibles.
Très en verve, les jeunes de Djilakh, par la voix de Djibril Sène, leur porte-parole, prennent le contre-pied du chef de village et tiennent à ce que la vérité des faits soit rétablie face aux déclarations des gens de Ndengeler. Ils invitent les autorités à trancher. «La population de Ndengeler affirme que sur les  75 hectares sur les 224 hectares attribués à Babacar Ngom leur appartiennent. Nous, nous disons que c’est un problème administratif  qui n’engage pas la population de Djilakh. Les autorités administratives n’ont qu’à prendre leurs responsabilités. D’ailleurs sur ce, nous interpellons directement le gouverneur de Thiès, le préfet de Mbour et le sous-préfet de Nguekokh pour qu’ils se prononcent très rapidement sur les limites de ces trois communes.»
Les jeunes contestent également le titre foncier de Babacar Ngom qui détient une affectation de 225 hectares. «Nous contestons avec la dernière énergie le titre foncier de Babacar Ngom. Ce qui a été attribué à la Sedima est énorme. Pour contester, nous avions organisé une marche en 2013. Il s’est éclipsé et, 6 ans après, il revient avec un titre foncier et cela n’arrange pas la population de Djilakh», fulmine Djibril Sène.
Les jeunes accusent même le patron de la Sedima de ne pas respecter ses engage­ments. «Tout ce qu’il avait pris comme engagement, il ne l’a pas respecté. A travers un communiqué, il parle d’une enquête comodo  que la population de Djilakh a acceptée, c’est faux et ça n’existe pas et il ne nous démentira pas. En plus, je précise qu’il n’a indemnisé personne, ce qu’il a fait est immoral car il a retiré les terres à des gens qui l’exploitaient avant», dénonce le porte-parole des jeunes.
Les jeunes ont précisé, lors de ce point de presse, qu’ils ne s’opposent pas à la réalisation de ce projet mais plutôt de l’affectation d’un titre foncier de 224 hectares et par conséquent réclament leurs terres. De l’autre côté, la population de Ndengeler ne veut reculer d’un iota sur les 80 hectares dont ils revendiquent la paternité.

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