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Il y a quelques jours, Aïda Mbodj avait déposé des questions orales destinées à Abdoulaye Diouf Sarr et Mansour Faye. Apparemment, les deux ministres, et même le Bureau de l’Assemblée, ne sont prêts à faire suivre cette demande dans l’urgence. Mais le chef de l’Etat avait-il d’ailleurs besoin de demander aux membres du gouvernement de «se mettre à la disposition» des députés ?

Le chef de l’Etat met la pression sur ses ministres. En plus d’avoir annoncé, en Conseil des ministres, qu’il n’y aura pas vacances gouvernementales en 2020, il a aussi demandé aux «membres du gouvernement de se mettre à la disposition de l’Assemblée nationale afin de donner toutes les informations relatives, notamment, à la mise en œuvre du Programme de résilience économique et sociale, à travers l’exécution du Fonds «Force Covid-19» doté de 1000 milliards F Cfa». Est-ce une façon subtile de remettre à leur place ceux qui ne semblent pas encore prêts pour faire face aux députés ? En effet, il y a une dizaine de jours, Aïda Mbodj avait déposé des questions orales pour voir ce que le ministre de la Santé et de l’action sociale et celui du Développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale ont fait, respectivement, de la gestion de la crise sanitaire et de la distribution des denrées alimentaires. La présidente de l’Alliance nationale pour la démocratie And/Saxal liggey veut voir plus clair dans la gestion de l’enveloppe de 1000 milliards, particulièrement les 64 milliards de F Cfa réservés au secteur de la santé et les 69 milliards F Cfa de l’acquisition de denrées alimentaires. Et cette sortie de la «lionne de Bambey» n’avait pas plu aux proches du maire apériste de Yoff. La députée avait même révélé avoir reçu, au téléphone, des menaces provenant de quelqu’un qui lui enjoignait de laisser tranquille Abdoulaye Diouf Sarr. Elle a alors saisi le ministre de l’Intérieur dans ce sens et aurait déposé une plainte. Mais au-delà du contexte de la pandémie, un autre député, Mamadou Diop Decroix en l’occurrence, a envoyé une question orale au ministre de la pêche. Le Secrétaire général d’And Jëf-Pads estime que le gouvernement doit apporter des précisions sur le nombre de licences attribuées de 2018 à 2020, mais également leurs bénéficiaires et les segments de pêche concernés.
S’il est vrai que la session ordinaire a été clôturée le 30 juin dernier, et que, par conséquent, les députés sont dans l’impossibilité d’accueillir les membres du gouvernement, il reste que seule une session extraordinaire s’impose pour évacuer les sujets brûlants comme les questions orales et les projets de ratification des ordonnances prises dans le cadre du Covid-19. Il est vrai que certains ont prétexté le contexte du Covid-19 qui a d’ailleurs fait irruption à l’Hémicycle. Pourtant, les députés se réunissaient quand même en commission et en plénière restreintes. Mais la vraie question reste celle-ci : les membres du gouvernement devraient-ils attendre la dictée du chef de l’Etat pour répondre aux députés qui ont la légalité et la légitimité de les contrôler. C’est aussi l’interrogation de l’ancien parlementaire, Thierno Bocoum.

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