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Les rapports d’audit de l’Autorité de régulation des marchés publics livrent encore des secrets sur des pratiques en cours dans les collectivités locales. Exemple : Touba Mosquée et Pikine épinglées par les auditeurs.

Les audits lancés par l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) n’ont pas fini de révéler tous leurs secrets. Parmi les entités auditées figurent de nombreuses collectivités locales. Dans celle de Touba Mosquée par exemple, pratiquement toutes les règles ont été ignorées par l’autorité contractante. Au total, les vérifications ont porté sur des marchés d’un coût global de 546 millions 658 mille 597 francs Cfa. Mais de nombreux manquements viennent remettre en cause ces marchés. En plus des retards dans la mise en place, «la Cellule de passation des marchés de la commune de Touba Mosquée n’a produit ni les rapports trimestriels ni le rapport annuel au titre de la gestion 2016 en violation de l’arrêté n° 865 du 22 janvier 2015», indique le cabinet Kpmg. De plus, les personnes censées se charger de cette tâche n’ont pu donner la preuve de leur qualification pour l’exécution de ladite tâche. Ceci expliquant cela, la mission d’audit s’est heurtée à une absence d’archivage. Ainsi, les procès-verbaux d’ouverture de plis aux soumissionnaires n’ont pas été transmis, tout comme l’avis d’attribution définitive sur le portail officiel des marchés publics n’a pas été publié en violation de l’article 86 du Code des marchés publics.
Mais les auditeurs épinglent principalement des lenteurs dans le démarrage des travaux du marché de construction de deux postes de santé avec maternité et logement à Darou Rahmane 2 et Kéré Mbaye dans la commune de Touba Mosquée. Ce marché passé en deux lots a été attribué au Gie Keur Serigne Mouhamadou Dème pour un montant global de 187 millions 645 mille 645 francs Cfa, en violation du principe d’efficacité des marchés publics. «Le marché a été signé le 30 août 2016 et l’ordre de service signé le 13 septembre 2017, soit plus d’une (1) année après la signature du contrat», indique le rapport.

Les mêmes manquements à Pikine
Ce sont pratiquement les mêmes manquements que l’on retrouve à la ville de Pikine. Mais ici, le cabinet d’audit a pu constater qu’il n’y avait nul besoin d’avoir une expertise dans un domaine pour soumissionner. Sur la Demande de renseignement et de prix (Drp) concernant le câblage des bâtiments de l’Hôtel de ville de Pikine d’un montant de 8 millions 500 mille francs Cfa attribuée à Entreprise Bella, les auditeurs ont constaté «que les domaines d’activités des candidats n’ont aucune relation avec l’objet du marché». Il apparaît en effet que le soumissionnaire Bella évolue dans le commerce, l’import-export et les prestations de services, le soumissionnaire Mame Mor Mbacké dans le négoce et les services et le soumissionnaire Avcro dans les prestations de services, les études et formations, le soumissionnaire Kheltek évolue dans les technologies. Ce qui n’a pas gêné outre mesure l’autorité contractante.
mamewoury@lequotidien.sn

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