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Le président de la République s’est engagé hier à augmenter la pension minimale de retraite à au moins 98% du Smig d’ici fin 2018. Il a fait cette annonce à l’ouverture de la deuxième Conférence sociale sous le thème «La réforme des retraites au Sénégal : Vers des régimes viables et inclusifs».

Partir à la retraite n’enchante pas et n’attire point le travailleur sénégalais. Pourquoi donc ce mépris pour un repos après service rendu ? La réponse du Pca de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) est sans équivoque. «C’est la modicité des pensions qui fait peur. Parce que la retraite au Sénégal est synonyme de pauvreté. Quand on va à la retraite, on plonge dans la pauvreté absolue», a fait savoir Racine Sy.
Pour améliorer la condition de vie des retraités, le président de la République a augmenté les pensions de 40% au niveau de l’Ipres. Ainsi, ceux qui avaient en 2012 un bimestre de 50 mille francs Cfa perçoivent aujourd’hui 72 mille francs, soit une augmentation de plus de 22 mille francs, là où ceux qui avaient des bimestres de 100 mille francs perçoivent 46 mille francs. Malgré ces avancées notoires, des efforts restent à faire puisque les travailleurs du Fonds national de retraite (Fnr) devaient aussi bénéficier de cette augmentation de 10%. Pour ce faire, souligne le chef de l’Etat, il faut passer par la réforme. «A la suite de cette Conférence sociale, nous pourrons adopter les textes législatifs et réglementaires qui pourront permettre au gouvernement de donner suite à cet engagement que j’ai pris», a dit le Président Macky Sall à l’ouverture de la 2e Conférence sociale.
Le chef de l’Etat a demandé à cette occasion au Premier ministre et au ministre du Travail et des organisations professionnelles de collaborer avec le patronat et les syndicats de travailleurs pour instaurer avant 2019 une pension minimale égale au moins à 98% du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig). Ce dernier est de l’ordre de 36 mille 243 francs. «A 98%, il faudra que les pensions minimales soient à 35 mille 518 et ce, dès 2018», a dit le chef de l’Etat. Ce qui permettra à l’Ipres de relever à un niveau acceptable les pensions des retraités ayant eu des carrières accidentées ou très courtes.

Moderniser le système pour des retraites viables et paisibles
Pour des retraites viables et inclusives afin que le départ à la retraite ne soit plus un cauchemar, mais plutôt une volonté de tout travailleur, le chef de l’Etat recommande de moderniser notre système national de retraite. Pour cela, il devient impératif d’adapter notre gouvernance de retraite aux standards internationaux. «J’ai donné des instructions au gouvernement afin de prendre toutes les dispositions juridiques et pratiques requises pour assurer aux agents de l’Etat et aux travailleurs relevant du régime de l’Ipres une pension dès leur admission à la retraite», a déclaré M. Sall. Pour ce faire, le président de la République invite le gouvernement à scrupuleusement veiller aux reversements réguliers et intégraux des cotisations à la pension de retraite, exigés sur les traitements des salaires. Le secteur privé est aussi convier à faire pareil, lui au niveau de qui souvent les difficultés sont observées. «J’exhorte le ministre du Travail en relation avec l’Ipres, les organisations patronales et syndicales à réfléchir sur la mise en place de procédures accélérées et sécurisées de reversement et paiement des pensions», a dit Macky.
ksonko@lequotidien.sn

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