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La fermeture des frontières a été une bonne décision dans la lutte contre le coronavirus au Sénégal. Toutefois, après les cas importés, les autorités sanitaires sont en train de faire face à l’augmentation des cas issus de la transmission communautaire. Une situation compliquée malgré les restrictions dans les transports en commun et le couvre-feu qui ne sont pas respectés partout. La question est de savoir quelles sont les nouvelles mesures à prendre pour faire face à cette transmission communautaire, qui gagne du terrain.

Le nombre de cas issus de la transmission communautaire qui ne cesse d’augmenter commence à inquiéter. Ces cas sont en train de remplacer dans la courbe de transmission les cas importés, qui ne sont plus enregistrés depuis le 4 avril dernier comme espéré avec la fermeture des frontières. La situation des cas communautaires est d’autant plus inquiétante qu’ils sont enregistrés dans des quartiers populeux comme Keur Massar en banlieue dakaroise. Une zone connue pour la densité de sa population et aussi le mode de vie des habitants qui vivent pour la majorité au jour le jour. Donc difficile d’obliger les populations à rester chez elles la journée. D’ailleurs, le constat est que dans la banlieue le mot d’ordre «Restez chez vous» est peu respecté. Dans certains quartiers à Pikine par exemple, les gens font comme si de rien n’était. Les gargotes accueillent toujours du monde. Il en est de même pour les boulangeries où il est noté de longues files sans que la distance sociale ne soit respectée. A ceux-là, s’ajoutent des mesures prises par les autorités municipales qui ne semblent pas régler la situation. C’est le cas à Guédiawaye où le marché Ndiarème ouvre un jour sur deux. Une habitante du quartier contactée informe que les jours de marché, les étals sont pris d’assaut. Elle souligne qu’on n’est pas loin des rassemblements qu’on voulait interdire en prenant cette décision. Selon la dame, la meilleure façon serait plutôt de fixer des heures d’ouverture et de fermeture comme le font les autres marchés. Au-delà de ce fait, les habitudes n’ont pas aussi changé. Même si elles ont limité leurs déplacements, les populations se regroupent toujours devant leurs maisons. Les enfants dans certains quartiers continuent de jouer dans la rue. Dans les transports en commun également, les mesures prises par les autorités ne sont pas respectées partout. Un tour à Tally Icotaf à Pikine hier a montré que dans certains minibus, toutes les places assises étaient occupées. Malgré les restrictions annoncées par le ministre du Transport et des infrastructures le 24 mars dernier.
Au cours d’un point de presse, Oumar Youm avait fait savoir que désormais l’embarquement des passagers dans les bus, minibus et autocars se fera dans le respect des places assises qui seront distribuées en tenant compte d’une distance d’au moins un mètre entre chaque passager. De même, il avait annoncé que «le nombre de passagers à bord de ces catégories de véhicule à usage public ou privé sera limité à la moitié du nombre de places prévues par la carte grise». M. Youm avait ajouté que tous les passagers d’un véhicule de transport doivent dorénavant porter des masques et des gants durant tout le trajet, de même que les conducteurs et le personnel. Même si au début, la police veillait au grain pour faire respecter ces directives, force est de constater que certains arrivent à échapper à la vigilance des limiers.
D’où la question sur la pertinence du couvre-feu de 20h à 6h, si dans la journée les habitudes n’ont pas changé malgré la sensibilisation. L’augmen­tation des cas communautaires vont-elles pousser les autorités à prendre d’autres mesures plus drastiques ou être beaucoup plus vigilantes pour faire respecter celles déjà prises. En tout cas, le préfet de Pikine a montré la voie en décidant lundi d’interdire les activités de commerce au rond-point Keur Massar à l’exception de celles des denrées alimentaires. Avec cette décision, il est aussi interdit tout rassemblement de véhicules, de cyclomoteurs, de véhicules hippomobiles. Quelle sera la prochaine mesure pour stopper la transmission communautaire du coronavirus ? Une urgence pour les autorités pour mettre fin à cette pandémie dans notre pays.

 

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