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Les syndicalistes et le patronat sont parvenus à un accord pour l’augmentation des salaires à partir du 1er janvier prochain. Dans la foulée, la Convention collective interprofessionnelle a été reformée et entrera aussi dans sa version nouvelle en vigueur à la même date.

Une bonne nouvelle dans la grisaille de cette fin d’année. Après plusieurs années de négociation, le patronat et les syndicats des travailleurs sont finalement tombés d’accord sur un barème d’augmentation des salaires dans le secteur privé.
Ainsi, selon des membres du patronat, qui venaient hier de ratifier la convention collective, les augmentations vont varier de 5% pour les cadres et agents de maitrise à 8% pour les personnels des 1ère, 2ème, et 3ème catégories. A côté de ces augmentations de salaires, qui engagent tout le secteur privé, les partenaires ont également ratifié la nouvelle convention collective interprofessionnelle. Tout com­me les nouvelles augmentations, la convention reformée entre en vigueur à partir du 1er janvier 2020 prochain.
Ces avancées sont importantes, quoi que l’on puisse en penser. Il faut dire que des augmentations de salaires globalisées ne sont pas intervenues au Sénégal depuis une dizaine d’années environ. L’Etat avait en son temps procédé à une certaine revalorisation de certaines catégories de fonctionnaires et des travailleurs, ce qui a eu un effet d’entraînement dans certains corps de métiers du privé.
Mais d’augmentation générale ou généralisée, il n’en a pas été question depuis un certain temps. Il faut même se souvenir de la sortie du chef de l’Etat Macky Sall, lors de la remise des cahiers des doléances des syndicats à l’issue de leur défilé du 1er mai dernier, quand il a affirmé avec force qu’il n’envisageait pas, à plus ou moins long terme, d’augmenter des salaires. Cela avait eu l’effet d’une douche froide auprès de l’opinion, qui a pu penser que ce niet présidentiel incluait le secteur privé, ce qui était loin d’être le cas.
Car il faut dire que les négociations tripartites, Patronat-Etat-Syndicats, ont pris bien de temps avant d’aboutir, malgré la bonne volonté affichée par toutes les parties. Chacune des parties a dû y mettre du sien pour parvenir à un accord. A l’origine, les syndicalistes souhaitaient une augmentation de 25%, là où les centrales patronales n’envisageaient pas de dépasser 3%. C’est dire que chacun a dû mettre de l’eau dans son bissap. Des esprits chagrins trouveraient sans doute que les taux obtenus ne sont pas importants, mas au moins, cela indique une certaine bonne volonté des partenaires, à maintenir ouverte la porte du dialogue. Il en a été de même pour la réforme de la Convention collective nationale. L’année dernière, M. Charles Faye, Vice-président du Cnp et président de la Commission dialogue et normes du travail au sein de la centrale patronale, affirmait que les points d’achoppement portaient essentiellement sur les primes des paniers, la majoration des heures supplémentaires et les taux à retenir pour les tranches les plus basses. Il faut croire que tous ces points ont pu être surmontés à la satisfaction de tous, pour obtenir la ratification qui a eu lieu hier.
Il faut indiquer que les syndicats signataires sont les plus grandes centrales, à savoir, la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), la Cnts/Fc, l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas) et la Confédération des syndicats autonomes (Csa). Elles se sont retrouvées face à la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) et le Conseil national du patronat (Cnp), sous l’arbitrage de l’Etat.

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