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Avec l’évolution de la situation, Pr Massamba Diouf soutient que le dépistage massif est devenu impératif. Le spécialiste en santé publi­que et épidémiologiste l’a fait savoir hier lors d’un panel organisé par le ministère de l’Enseigne­ment supérieur, de la recherche et de l’innovation dont le thème  portait sur «La situation de la riposte au Covid-19 au Sénégal».

Avec l’évolution du coronavirus au Sénégal où 11 régions sur les 14 sont touchées, Pr Massamba Diouf, enseignant à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), soutient qu’il est plus que «impératif de procéder à des tests massifs». Hier, lors d’un panel organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur, le spécialiste en santé publique et épidémiologiste a fait savoir qu’il faut dans la stratégie de dépistage, aller au-delà des cas suspects et des cas contacts. D’après M. Diouf, «aller au-delà de cette cible permettrait de pouvoir circonscrire la maladie dans certaines zones qui sont tendues comme Dakar, Thiès, Diourbel». Pour le spécialiste en santé publique, «cette stratégie de dépistage massif peut également être couplée à celle de dépistage ciblé au niveau des foyers à potentiel Covid faible à modéré». Expliquant son idée, il souligne que «quand on regarde la vingtaine de départements touchés, on voit qu’il reste des efforts pour endiguer l’épidémie au niveau de ces zones sachant que Dakar semble emballée par la maladie avec presque tous les districts qui sont touchés avec une incidence qui augmente de jour en jour». Donc, pour Pr Diouf, «dans les stratégies de surveillance épidémiologique, il est plus que nécessaire d’orienter ces stratégies vers des zones tendues». Dans ses explications, le spécialiste estime que des régions comme Louga, Ziguinchor n’ayant pas enregistré de cas depuis le 29 avril, et celles n’ayant pas encore enregistré de cas «méritent des stratégies particulières pour éviter que la maladie ne se propage davantage». Le Pr Massamba Diouf qui informe que «nous en sommes à la phase 2 de l’épidémie» correspondant à la propagation du Covid à travers le territoire national, pense qu’il faut «éviter que les autres régions ne basculent par rapport à la phase 3». Cette phase, prévient-il, «va certainement observer une vague pandémique au niveau de nos structures de santé». Face à cette situation, M. Diouf recommande «de procéder par des échantillonnages aléatoires pour pouvoir dépister le maximum de personnes». «Sur le plan de la surveillance épidémiologique, c’est plus que nécessaire dans des régions tendues d’instaurer des sites sentinelles communautaires pour pouvoir faire face aux éventuels cas», a-t-il insisté. Dans la même veine, il indique d’utiliser «le modèle mathématique compartimenté». Rappelant que «jusque-là, nous entendons le ministère se prononçait sur l’éventualité d’un pic», le spécialiste en santé publique est convaincu que «la mise en place de ce modèle nous permettrait de pouvoir se prononcer avec relativement de précision, sur le taux de reproduction de base de la pandémie» en vue de faire face à la maladie. Dans cette panoplie de stratégies, l’épidémiologiste accorde aussi une place importante à la télédétection annoncée par le ministère de la Santé. A ce propos, M. Diouf déclare : «Je ne sais pas si ça prend son envol, mais c’est plus que nécessaire. Parce que les cas communautaires augmentent, le traçage numérique est nécessaire pour pouvoir les endiguer et lutter de façon efficace contre le coronavirus.»
Sur la question du confinement ou du déconfinement, Pr Massamba Diouf fait savoir que cela dépendra de l’évolution de la situation. Il s’agit, d’après lui, de voir «si nous allons assister à l’inversion de la situation ou non. A l’en croire, on ne peut se prononcer sur cette question si l’on n’a pas une précision sur son évolution».

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