PARTAGER

20 tonnes de semences de pomme de terre ont été utilisées lors de la campagne 2018-2019. Une quantité exclusivement en provenance de l’étranger pour une valeur de quelque 6 milliards de francs Cfa. Même si les résultats ont suivi avec une production estimée à 156 mille 250 tonnes, l’Etat veut accentuer son action en amont au grand bénéfice des acteurs locaux. C’est la perspective dégagée mardi, par  le directeur de l’Horti­culture, qui a annoncé la gestation d’un programme de constitution du capital semencier pour la pomme de terre. «Nous avons suggéré et obtenu des instructions du ministre de l’Agricul­ture pour mettre en route un programme de constitution d’un capital semencier pour la pomme de terre et la patate douce comme il en est pour l’arachide. L’objectif c’est de produire ici les semences dont nous avons», a fait savoir Dr Macoumba Diouf. Il a d’ailleurs annoncé l’accompagnement du Centre international de la pomme de terre dont l’action est comparable à ce que fait Africa rice pour le riz. «Ils ont une collection de 8000 variétés de pommes de terre, alors qu’ici, nous n’en avons qu’une douzaine. Nous sommes décidés  à régler cette question pour que les 5 milliards de francs Cfa qui partaient à l’étranger pour importer la semence restent au Sénégal ; qu’ils soient certes mobilisés  par l’Etat, mais au profit d’acteurs sénégalais», a poursuivi le directeur de l’Horticulture sur le programme qui à terme, va rendre «autonome» le pays.  Selon lui, dépendre du marché mondial pour la semence rend vulnérable le pays. «Une baisse de 30% des semences de pomme de terre a été notée cette année au plan mondial. Pour une filière aussi stratégique, on ne peut pas continuer à rester dépendant de l’étranger», a expliqué Dr Diouf. «Si on peut produire 150 mille tonnes de pomme de terre, on peut bien produire 20 tonnes de semences», a-t-il encore argumenté avec la conviction que ledit programme portera ses fruits «d’ici trois ans». Macoumba Diouf s’est exprimé en marge de la rencontre au ministère de l’Agriculture pour faire le bilan de la campagne de la pomme de terre.  En attendant l’effectivité du capital semencier pour la pomme de terre et la patate douce, les différents acteurs présents à la rencontre se sont félicités des productions qui ont dépassé de plus de 10 mille tonnes celles de la campagne d’avant. Ils se disent prêts pour la campagne 2019-2020 qu’ils veulent encore plus  prolifique en termes de rendements.

abndiaye@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here