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En avant-première, le film «La miséricorde de la jungle» du réalisateur Rwandais Joël Karekezi a été projeté samedi, au cinéma Empire des enfants de la Médina. Le film qui a remporté l’Etalon d’or du Yen­nenga au dernier Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a séduit son public.

Les cinéphiles sénégalais attendaient avec impatience le film du Rwandais Joël Karekezi. La miséricorde de la jungle a remporté cette année l’Etalon d’or du Yennenga à la 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Dakar a accueilli samedi soir l’avant-première du film. Ils étaient nombreux à avoir effectué le déplacement au cinéma Empire des enfants, sis à l’avenue Malick Sy. Il y avait plusieurs ambassadeurs dont celui du Rwanda. Une atmosphère de silence s’empare de la vaste cour où a lieu la projection. Le bruit qui tape à l’oreille vient des vrombissements des voitures qui circulent sur cette avenue très animée. De l’extérieur, l’appel à la dernière prière de la journée retentit des mosquées situées à proximité. Mais l’assistance reste concentrée sur son sujet. Et les discours de bienvenue ont été suivis d’applaudissements de la part du public. Soudain, les lampes qui illuminaient l’espace cèdent la place à l’obscurité. «Ce film méritait largement l’Etalon d’or du Yennenga. C’est un film sur la guerre, mais pas sur la cruauté de la guerre. Plutôt un homme seul face à cette absurdité de la guerre. On voit peu de morts, de cruauté. En général, dans les films de guerre, il y a des corps qui sont déchiquetés, il y a cette vision très macabre de la guerre. Or il a su éviter ce spectaculaire pour nous ramener tout simplement à l’humain face à lui-même, face à des situations qu’il ne contrôle pas», a commenté Baba Diop, critique de cinéma, à la fin de la projection.
D’ailleurs, M. Diop n’a pas été le seul à donner un satisfecit au travail du réalisateur, récemment primé à Ouaga. Joël Karekezi a été applaudi. En effet, dans le film, il dénonce l’absurdité de la guerre. Rwandais, il a perdu son père dans le génocide de 1994. A l’époque, il était seulement âgé de 8 à 9 ans. Le jeune soldat Faustin et le sergent Xavier, héros de guerre rwandais, font l’histoire du film. Les deux soldats sont perdus dans la forêt entre le Congo et le Rwanda. Comme dans toutes les guerres au monde, les plus vulnérables, à savoir les femmes et les enfants, payent le plus lourd tribut. Dans cette belle nature, les rebelles s’attaquent à des villages en y mettant le feu. Le film se déroule tranquillement face à un public qui n’a d’yeux que pour les belles images. Un paysage qui inspire la paix, la joie de vivre. «C’est un film de paix, d’espoir, un film simple là où on parle de notre Afrique. C’est un film qui se passe dans les années 98 au Congo. Il y a eu une guerre. Il y avait plus de 14 pays impliqués directement, indirectement», a déclaré Joël Karekezi face à la presse. Le réalisateur rêve en effet d’une Afrique sans guerre, qui se développe d’elle-même sans que ses fils n’aient besoin de braver la mer pour rallier l’Europe. Après son sacre à Ouaga, il compte revenir les prochaines éditions avec d’autres films. Déjà, il se projette sur un film sur notre compatriote, le capitaine Mbaye Diagne.
msakine@lequotidien.sn

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