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Les travailleurs de la Pana observent dès aujourd’hui, une grève illimitée pour réclamer paiement de 39 mois cumulés d’arriérés de salaires.

Les employés de l’Agence panafricaine d’information (Pana) observent une grève illimitée dès aujourd’hui. Ce personnel réclame le paiement intégral de 39 mois de salaires. Il s’agit d’un cumul d’arriérés qui remonte à 2013.
«Le dernier salaire que nous avons perçu remonte à janvier dernier, il y a sept mois, quelques jours après avoir remis un mémorandum à notre Direction générale, exigeant le paiement intégral de nos arriérés de salaires au plus tard le 31 juillet 2018», révèle un communiqué signé par le collectif de la Pana.
Le 31 juillet dernier, date butoir donnée à la Direction générale pour payer les rémunérations, les agents avaient à nouveau rencontré le Directeur général qui leur avait demandé un moratoire d’une semaine. Lequel moratoire a expiré sans qu’ils aient aperçu l’ombre d’un centime. «Quand nous l’avons rencontré hier, il nous a dit que le dossier est en traitement, que c’est presque finalisé. Il a demandé un autre moratoire. Mais ce ne sont que des promesses sur des promesses, nous n’en pouvons plus», proteste Souleymane Camara, chargé de communication de la Pana joint hier par téléphone.
«Nous voulons du concret, c’est pour cela que nous partons en grève jusqu’au paiement intégral de nos arriérés de salaires dont le cumul fait 39 mois», renseigne-t-il.
Les travailleurs disent avoir fait de leur mieux pour tenir jusque-là, afin de préserver l’image de la Pana, qu’ils veulent hisser au plus haut. Mais à l’impossible nul n’est tenu, dirait l’autre. «Nous sommes à bout. Le premier salaire que les travailleurs ont perçu en 2018 remonte à janvier 2018. Cela fait sept mois qu’on n’a pas reçu de salaire», s’indigne le président du collectif de la Pana presse.
Mais pourquoi autant de retard passé sous silence. Abdourahmane Sow explique un jeu digne de ping-pong de la part de la Direction générale: «Depuis 2013, des fois nous restons des mois sans salaire, des fois nous percevons pendant quelques mois. Entre quatre et cinq mois, on nous donnait un mois et nous attendions encore. Mais en 2018, nous n’avons reçu qu’un seul salaire.»

Les raisons du retard
Les travailleurs ignorent les raisons des retards de leurs salaires. La direction se contente de les rassurer qu’ils seront «bientôt» payés à telle date sans leur donner les vraies raisons du retard. «Nous travaillions car nous espérions que la situation allait évoluer. Ce sont ces fausses promesses qui nous ont poussés à arrêter et à engager ce combat», explique encore M. Sow.
Contrairement à ceux qui affirment que la Pana était entretenue par feu Mouammar Kadhafi, ancien dirigeant de la Libye, le président du collectif de cet organe dément : «Il n’y a pas que la Libye, il y a un conseil d’administration et il y a d’autres pays qui sont membres de ce conseil.»
En plus des arriérés de salaires, les employés de la Pana réclament aussi une amélioration des conditions de travail. «Il faut avoir un parc automobile pour aller en reportage. Nous avons des chauffeurs qui sont restés entre quatre et sept ans à être payés sans qu’il n’y ait de véhicule. Par rapport à la technologie, nous avons un parc qui est dépassé. S’y ajoutent les contrats qu’il faut revoir, donner un statut aux pigistes, des avancements des uns à honorer, mais aussi assurer la formation aux employés pour avoir un bon rendement», a listé Abdou­rahmane Sow.
ksonko@lequotidien.sn

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