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Messieurs,
le ministre des Infras­tructures, des transports terrestres et du désenclavement,
le ministre de l’Intérieur,
le ministre de l’Energie,
Vous dites, par la voix du ministre de l’Intérieur et d’après les chiffres de vos services déconcentrés, que 84,5% des projets annoncés lors du Conseil des ministres décentralisé, tenu à Fatick en 2015, sont achevés.
Vos services ont-ils comptabilisé les projets de désenclavement et d’électrification de l’île de Mar, projets qui n’ont pas démarré malgré leur annonce retentissante lors de ce Conseil des ministres tenu précisément le mercredi 22 juillet 2015.
Dans le communiqué dudit conseil, nous notons bien que Son Excellence le président de la République Monsieur Macky Sall a demandé au Premier Ministre «de veiller à l’exécution immédiate des infrastructures prévues pour la région dans le cadre du Pudc pour un montant de 15,5 milliards, et au suivi rigoureux de tous les projets retenus pour asseoir les bases du développement durable de la région de Fatick, en mettant l’accent sur le démarrage des travaux d’électrification rurale au niveau des 378 villages, …, la construction des ponts de Foundiougne et de Mar-Lothie…».
A l’annonce de la construction du pont de Mar-Lothie, le président de la République avait fait renaître l’espoir chez les populations de l’île de Mar qui ont longtemps souffert de l’enclavement et de son lot de conséquences.
Cet espoir s’est assombri malheureusement. Le projet du pont de Mar-Lothie étant, par la suite, passé sous silence dans les discours officiels qui touchent les infrastructures, par la faute, d’une certaine mesure, de vos services de la région de Fatick, lesquels sont censés rendre compte de la vérité du terrain et du niveau de prise en charge des engagements du gouvernement pris au profit des villages et communes rurales de l’arrondissement, du département ou de la région.

Messieurs les ministres, pour votre information :
La traversée en pirogue constitue toujours un casse-tête permanent, les conditions de voyage sont difficiles, la sécurité en mer n’est pas assurée, le transport coûte cher et le trajet dure trop longtemps.
Les évacuations sanitaires sont assimilées à des morts certaines, les parents et les malades préfèrent s’en remettre à Dieu plutôt que de fournir les efforts de l’évacuation.
Les adultes et les jeunes sans perspectives d’avenir sombrent dans l’oisiveté avec son lot de vices (anarchie, délinquance, drogue, alcool,…) qui risquent de compromettre dangereusement la stabilité sociale, d’autant plus que l’île est dépourvue de dispositif de maintien de l’ordre.
Les prix des denrées de première nécessité (riz, huile, lait, sucre,…) flambent toujours, comparés aux centres urbains et autres villages environnants du «Djéri».
Les quatre (4) villages de l’île souffrent de l’insuffisance criarde de l‘électricité. Les quelques initiatives prises en ce sens n’ont pas abouti. Ainsi, comme au moyen âge, la majeure partie de la population compte toujours sur la belle étoile en ce 21ème siècle pour avoir l’éclairage. Pour faute d’un minimum d’énergie, cette population n’a pas d’alternatives crédibles pour faire face à ses besoins vitaux.
Certes le projet du pont est passé sous silence dans les discours officiels, mais la voix des populations a été toujours portée pour dénoncer ces grandes injustices longtemps subies par l’île de Mar, pour alerter et faire le plaidoyer pour la mise en œuvre de mesures préventives afin d’éviter d’autres drames causés par la mer, comme celui de Bétenty qui est toujours frais chez nous les insulaires.
L’honorable député Khady Ndiaye Diop, paix à son âme, s’est battue jusqu’à son dernier souffle pour que les injustices soient réparées.
Par ailleurs, par lettre en date du 31 mars 2017, nous avions alerté le Premier ministre, en sa qualité de chargé de la conduite de la politique du président de la République, et compte tenu, entre autres aspects, de l’attention particulière qu’il porte à l’engagement et au respect à la parole donnée.
Dans sa réponse en date du 11 juillet 2017, le Premier ministre, très sensible à la situation de l’île de Mar, a réitéré les instructions nécessaires à vous ou à vos autres collègues ministres chargés d’apporter des réponses pour alléger les conditions de vie difficiles des insulaires concernés.

Messieurs les ministres, c’est pourquoi nous avons besoin de comprendre :
Pourquoi la volonté politique de désenclavement et d’électrification, manifestée déjà à travers les énormes investissements consentis notamment à l’Ile à Morphil, Marsassoum, Foundiougne, Fongolimby, Farafegny, a été estompée dans la grande île de Mar (voir carte), l’une des plus grandes îles du Sénégal, localisée dans la zone du delta du Saloum, site inscrit dans le patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2011 ?

François NDONG, de Mar-Lothie nfrancky@hotmail.com
Les îles du Saloum

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