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Entre le ministre du Commerce, de la consommation, du secteur informel et des Pme et son directeur de Cabinet, on ne parle pas le même langage sur la question de la levée de la mesure d’interdiction des importations de volailles. Alioune Sarr assure en effet qu’elle est maintenue, alors que son Dircab, Augustin Faye, soutient le contraire.

C’est ce qu’on pourrait appeler un cafouillage au sommet. Entre le ministre du Commerce, de la consommation, du secteur informel et des Pme, Alioune Sarr, et son directeur de Cabinet, Augustin Faye, le discours n’est pas le même. Les deux hommes sont même totalement en contradiction sur la question de la réouverture des frontières aux importations de volailles. Avant-hier, en marge d’un atelier régional de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), Augustin Faye déclarait devant plusieurs médias que cette ouverture «était inéluctable».
Hier, changement de disque au sein du ministère. Et c’est le ministre Alioune Sarr lui-même qui prend le contrepied de son Dircab. «Je dis clairement que le gouvernement du Sénégal maintient l’interdiction d’importer de la volaille au Sénégal», informe Alioune Sarr interpellé en marge de la cérémonie de lancement du Portail d’information commerciale du Sénégal (Pic). Le ministre n’y va pas par quatre chemins et souligne «qu’il n’y a aucune forme d’ambiguïté sur cette question». «C’est une mesure de sauvegarde, et qui est d’ailleurs prévue par l’Organisation mondiale du commerce (Omc) pour accompagner cette industrie naissante où nous avons des acteurs qui ont investi plus de 200 milliards de francs Cfa et qui font travailler plus de 50 mille personnes dont la moitié sont des femmes», explique Alioune Sarr. Il poursuit en précisant qu’une telle mesure avait été prise «pour accroître le niveau de notre infrastructure technologique et permettre d’assurer la sécurité sanitaire de nos consommateurs et améliorer notre balance commerciale».
Pourtant la veille seulement, son directeur de Cabinet liait la réouverture des frontières à la nécessité pour le Sénégal de respecter ses engagements internationaux. Mais sur cette question également, le ministre sert des arguments contraires. «L’Omc prévoit pour tous les pays membres trois dispositions qui permettent de protéger les échanges. La première, ce sont les échanges commerciaux, deuxièmement, ce sont les mesures anti dumping et enfin les mesures compensatrices qui permettent que des pays puissent prendre des dispositions pour accompagner l’investissement.»
Dans le cas du Sénégal, grâce à cette mesure, le Groupe Sedima a pu se développer et revendique aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel de près de 40 milliards de francs Cfa. D’ailleurs, le fondateur de ce groupe, M. Babacar Ngom, invité du «Grand jury» de la Radio Futurs médias (Rfm) dimanche dernier, assurait avoir obtenu l’assurance du président de la République, Macky Sall, qu’une ouverture des frontières n’était pas à l’ordre du jour. La messe semble donc dite, mais le ministre du Commerce exhorte tout de même les acteurs de la filière à continuer à investir dans la qualité, l’innovation et la compétitivité. Cela, en perspective de la réalisation de la Zone de libre-échange continentale (Zlec).

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