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La réduction du chômage, l’accès aux soins et l’insécurité alimentaire constituent les principales priorités auxquelles le gouvernement doit s’attaquer en premier et apporter des solutions, révèle l’enquête d’Afrobaromètre au Sénégal. En effet, le rapport indique que plus de 95% des Sénégalais estiment majoritairement que les grands projets classés à la 9e position de la pyramide des priorités sont moins importants et les priorités sont en milieu rural.

Plus de 95% de la population sénégalaise estiment que les grands projets comme l’autoroute à péage Ila Touba, le Train express régional (Ter) et l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) sont de moindres priorités par rapport aux problèmes sociaux de base comme le chômage, la santé, l’insécurité alimentaire et l’éducation qui sont de très grandes priorités. C’est ce qui ressort du 7ème round d’Afrobaromètre au Sénégal mené du 2 au 31 décembre 2017. Présenté hier sous le thème «Politiques publiques et priorités des citoyens au Sénégal» dans les locaux de la Fondation Konrad Adenauer Stiftung, Dr Mamadou Bodian, chercheur et membre d’Afroba­romètre au Sénégal, soutient que «les tendances montrent que la priorité est davantage accordée aux projets ciblant le monde rural (le programme d’électrification rurale, la construction de forages ruraux et la mise à disposition de matériels agricoles pour les femmes etc.) et ceux relatifs aux services sociaux de base (couverture maladie universelle, bourses de sécurité familiale) sont ce à quoi l’Etat doit apporter des réponses».
Le rapport indique que selon le milieu de résidence, le sexe et le niveau de pauvreté, les résultats disséminés révèlent de manière générale, que ce soit en milieu rural ou urbain, «plus de 90% des Sénégalais pensent que les projets qui sont orientés vers le monde rural, que ce soit la construction de pistes de production, l’électrification rurale, les crédits aux femmes ou les cliniques de santé, l’emploi et l’éducation sont des supers priorités. La santé et le chômage constituent les deux principaux problèmes des Séné­galais depuis 2014. L’insécurité alimentaire apparaît comme étant l’autre priorité pour les femmes et les ruraux, contrairement à l’éducation qui l’est pour les citadins et les hommes».
Sur une longue liste de besoins présentée aux Sénégalais, les grands projets d’infrastructures sont classés à la 9e position de la pyramide des priorités établies par un réseau indépendant de chercheurs africains qui mènent une série comparative d’enquêtes nationales pour mesurer les attitudes publiques envers la démocratie, la gouvernance, l’économie, le leadership, l’identité ainsi que d’autres questions connexes, renseigne la note.
Coordonnateur d’Afrobaromètre au Sénégal, Pr Babaly Sall a fait savoir que «l’objectif de ces enquêtes est de donner au public une voix dans les processus de prise de décisions politiques, en fournissant des données de haute qualité aux décideurs, aux organisations de la société civile, aux académiciens, aux médias, aux bailleurs et investisseurs ainsi qu’aux Africains ordinaires». Selon lui, «ces données sont utiles aux dirigeants actuels dans un contexte de mise en œuvre de la deuxième phase du Pse et du Prodac pour répondre à la demande sociale des populations», car «tout ce qui se fait dans le monde rural est considéré comme plus prioritaire que le reste. Les résultats qui émanent des informations recueillies de la manière la plus scientifique possible prouvent que ce n’est pas forcément ce que l’on entend en longueur de journée en termes de communication et d’investissement qui constitue la priorité des Sénégalais parce qu’ils ont besoin de quelque chose qui réduit la pauvreté, le chômage. Ce qui contribue à l’éducation et à la formation professionnelle».
Stagiaire

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