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Le sport revêt une double facette en ce sens qu’il garantit le développement économique tout en contribuant à assurer la paix. C’est tout le sens de la conférence organisée hier par le Comité national olympique et sportif sénégalais (Cnoss), lors de la célébration de la Journée mondiale du sport au service de l’économie et de la paix.

Le sport n’est pas que ludique. Il renferme aussi une dimension économique et reste un facteur qui contribue à la paix sociale. C’est ce qui vaut à l’enseignant-chercheur à l’Inseps, Mouhamed Ndongo, de mettre l’accent sur cette double dimension que revêt le sport à travers une conférence tenue hier à l’hôtel Terrou Bi. Et cela, dans le cadre de la Journée internationale du sport au service du développement et de la paix. «Le sport est un levier économique important si on prend en compte la production et la consommation qu’il suscite à travers les maillots, les ballons. En termes de merchandising, c’est un secteur segmenté, dont la consommation est liée au spectacle», a renseigné M. Ndongo, lors de la conférence organisée par le Comité national olympique et sportif sénégalais (Cnoss). L’enseignant-chercheur souligne que les fortes sommes que génèrent les droits télés au niveau du championnat anglais font que «la dernière équipe en Premier League dispose de  plus d’argent que la première équipe de la Ligue 1 française». En plus de cela, M. Ndongo estime que «dans certains pays développés, le sport contribue à hauteur de 2% au produit intérieur brut».
Le développement économique d’un pays repose également sur la bonne santé de sa population que le sport garantit. «Si on tombe malade, on risque de ne pas être utile pour son pays. La dimension santé est intégrée dans l’économie. Une bonne condition permet de s’acquitter de sa tâche», dira l’enseignant-chercheur qui avait à ses côtés Santhi Agne, modérateur de la conférence et membre du Cnoss, Cécile Faye, directrice du stade Léopold Sédar Senghor, représentante du ministre des Sports et Issa Mboup, président de la Fédération sénégalaise de Tennis.

«Un outil diplomatique au service de la paix»
Parlant du rôle du sport dans la paix sociale, M. Ndongo de souligner qu’il renforce la stabilité en garantissant l’emploi aux jeunes. Sur ce chapitre d’ailleurs, les sportifs sont souvent choisis en médiateurs dans les conflits. En guise d’exemple, le rôle du lutteur Balla Gaye 2 dans la résolution de la crise en Casamance, cite l’enseignant-chercheur de l’Inseps. «Le Sport est un outil diplomatique au service de la paix. C’est un outil de pacification entre des pays pour tisser des liens», fait-il remarquer, rappelant que le ballon rond avait réussi à rapprocher l’Iran et les Etats-Unis lors d’une Coupe du monde. C’est aussi grâce au sport que l’ancien Président, Nelson Mandela, est parvenu à instaurer une Nation Arc-en-ciel, en Afrique du Sud.
Parlant des dérives dans le sport où surgissent des pratiques peu orthodoxes comme le dopage et les paris truqués, le conférencier note l’absence de contrôle dans certaines disciplines. Quant à la corruption, «elle se retrouve dans le sport business», souligne-t-il. Jetant une pierre dans le jardin des politiques,  M. Ndongo de reconnaître que ces derniers utilisent souvent le sport pour asseoir leur image.
ambodji@lequotidien.sn

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