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Illustration

L’inégalité sur les postes stratégiques dans la société sénégalaise est une réalité palpable. C’est du moins l’avis de la sociologue Awa Diop. On la remarque, en effet, dès le bas âge où l’on note que dès l’enfance, on commence à offrir aux jeunes garçons des jouets qui reflètent d’une certaine façon l’intelligence, la créativité, le pouvoir alors qu’à la jeune fille, on donne des ustensiles de cuisine, des poupées et autres objets. «Dès le bas âge, on commence à formater les rôles que chaque sexe doit jouer. Cela va se reproduire, plus tard. Quand on sera adulte, on va se dire : ‘’ça c’est un boulot de femme et celui-là pour les hommes’’», déplore Awa Diop.
La sociologue regrette que même les intellectuelles n’échappent pas à ce fait social, parce qu’elles ne veulent pas produire d’enfants moins homme que les autres. «C’est très fort dans l’imaginaire collectif et les femmes ne sont pas en train de changer la donne, alors qu’une grande part de l’éducation des enfants leur revienne», constate-t-elle.
Mme Diop pense que les femmes ne revendiquent pas les postes de responsabilité au Sénégal, car rien dans leurs attitudes ne montre qu’elles veulent plus que ce que les hommes leur accordent. «C’est rare de voir des femmes qui expriment des idées fortes, qui dirigent et qui ont un certain leadership. Dans le domaine politique, elles brillent dans l’organisation des meetings, sont là quand il s’agit de compter des voix mais ne revendiquent pas plus que cela», regrette la sociologue.
Elle estime aussi que les femmes ont intériorisé cette idée qu’elles sont différentes des hommes et que, finalement, elles sont les premières même à reproduire cette inégalité entre hommes et femmes, soit les plus grandes résistantes d’un changement qui viserait à rendre les choses égalitaires. Ainsi, cette inégalité sur les tâches attendues de chaque sexe explique l’absence des femmes au sommet des ministères comme les Forces armées ou l’Intérieur pour ne citer que ceux-là, considérés comme devant être gérés que par des hommes. «Parce que l’homme fait référence au pouvoir, à l’intelligence, la capacité de faire, la capacité de pouvoir vraiment gérer des choses. Alors que quand on parle des femmes, c’est plus dans le domaine domestique. Elles doivent être au foyer, être dans des choses émotionnelles, elles savent moins bien gérer des choses stratégiques», soutient la sociologue.
Par conséquent, les principaux postes de pouvoir sont vraiment confiés aux hommes alors que les femmes gèrent des postes plus ou moins subordonnés.

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