PARTAGER

Gérante de l’établissement Siggil Jiguène implanté au cœur du populeux quartier de Cité Lamy, à Thiès, Awa Thiandoum, la cinquantaine, est perçue dans le Diobass comme une vaillante femme de développement, s’active dans l’agro-alimentaire. Entre­pre­nante jusqu’au bout des ongles, elle découvre à travers ses activités, une révolution silencieuse, autrement dit, l’émergence de l’agriculture biologique.

Du haut de ses 50 ans et de son 1,74m, Awa Thiandoum est une femme qui force l’admiration. «Je m’active dans le développement socio-économique des organisations des Pme et des Pmi, principalement dans le secteur agro-alimentaire.» Partici­pante en 2008 d’un séminaire sur le thème : «Quelle agriculture pour le Sénégal», le virus de la transformation des produits locaux s’est vite installé en elle, depuis qu’elle a décidé de tourner le dos à ce qui aurait dû être sa profession : «Enseignante (Professeur)» ! «Ça n’a pas marché dans la mesure où je n’ai pas fait le concours. Ensuite, j’étais issue d’un milieu un peu défavorisé parce que j’ai perdu mon père à l’âge de 5 ans. C’est ma mère qui s’est battue pour m’inscrire et me maintenir à l’école.» La titulaire d’un duel 2 en géographie à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), née à Thiès en 1969, après le bac en poche en 1991, s’est finalement résignée. «Ce n’était pas facile, mais je me suis lancée dans le marché du travail tout en poursuivant ma formation. Et c’est en 2002 que j’ai fait le choix de devenir l’appui technique de mes parents producteurs, avant de me frayer une place dans le monde rural et urbain.» De nature très ambitieuse, Mme Thiandoum se fixe comme objectif de réussir pour survivre, vivre à la sueur de son front. Et la voilà qui suit une formation de capacitation en développement rural et gestion des organisations à la Maison familiale rurale de Notto Diobass, de 2003 à 2006. «J’ai eu mon Cap, ce qui m’a forgée dans le développement. C’est une formation qui m’a permis de faire un stage en 2005, en élevage laitier, en syndicalisme agricole et en aviculture en France.» Depuis, elle enchaîne les formations. «J’ai fait l’informatique d’abord. Ensuite, quand je me suis intéressée à l’agro-alimentaire, j’ai fait une formation à l’Institut de technologie alimentaire (Ita), en 2009, sur les nouvelles techniques de transformation des céréales, fruits et légumes», souligne-t-elle. Aujourd’hui, elle se trouve à la tête d’une entreprise familiale. «Ma principale préoccupation c’était vraiment de subvenir aux besoins de mes parents. Mais aussi et surtout de contribuer à l’émergence de l’économie locale de mon terroir, mon si cher Diobass natal. C’est pourquoi je me suis intéressée davantage à l’agriculture, mais surtout à créer de la valeur ajoutée sur nos produits agricoles. Il s’agit du mil, du maïs, du niébé et parfois du riz local.» Mère célibataire ayant sous sa responsabilité trois enfants, Mme Thiandoum dit faire un chiffre d’affaires annuel de 4,5 millions F Cfa. «J’ai créé mon entreprise avec mes propres moyens. J’ai démarré avec 50 mille F Cfa et aujourd’hui j’arrive à me débrouiller avec mes 13 employés (trois permanents et 10 temporaires). Nous produisons à Diobass et nous transformons ici à Thiès. J’ai pu créer ma propre chaîne de valeur», se réjouit la dame au teint noir anobli par un regard ravageur. Elle dit : «Je travaille aussi dans l’économie sociale solidaire parce que l’entreprise, c’est une société familiale qui est gérée par les membres de cette dernière et on se partage les recettes de manière équitable tous les 6 mois. Et aujourd’hui nous rendons grâce à Dieu parce que nous nous en sortons bien.» Très déterminée et plus que jamais engagée, Mme Awa Thiandoum, aujourd’hui, ambitionne vraiment de titiller le marché international. «Mainte­nant qu’on nous connaît dans le marché local, nous voulons conquérir le marché international. C’est notre challenge», dit-elle. Déjà, la brave dame a voyagé un partout à travers le monde. «J’ai participé au Salon du goût en 2016, à Torino, où j’ai fait une démonstration culinaire et animé une séance de dégustation sur le ‘’café Touba’’ et le ‘’café Niébé’’. Aussi nous avons participé au Festival alimentaire, en 2015 en France.» Signalons que l’entrepreneure a même été l’invitée du Plateau de Tv5 en marge de la Cop21 en 2015, pour débattre de l’agriculture naturelle et biologique, et ses enjeux internationaux. La gérante de l’établissement Siggil Jiguène, qui dispose aujourd’hui d’un espace commercial sis au quartier Cité Lamy, à Thiès, en plus d’un autre de production dans le Notto Diobass, rêve de développer considérablement son business.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here