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(Envoyé spécial en Gambie)  – La bonté tant chantée de l’ex-président Jammeh par des artistes sénégalais tranche net d’avec ce qui se passe en Gambie. L’ex homme fort de Banjul n’aurait rien fait pour le secteur de la culture. C’est ce qu’a déploré hier dans un entretien accordé au journal Le Quotidien, Baba A Ceesay, director general de National Centre for Arts And Culture (Ncac). Trouvé dans son bureau, Baba A Ceesay regrette le manque d’infrastructures culturelles dans son pays où il n’y a même pas de  salle de théâtre  national  et de troupe nationale. Director general depuis 5 ans, après trente années de service, l’homme est un acteur clé du secteur de l’art et de la culture.

Regrettez-vous le départ du président Jammeh ?
Non parce qu’en 22 années de pouvoir, le président Jammeh n’a rien fait pour la culture hormis les festivals de Kanilaï et Roots festival.  Pour lui, la culture se réduisait à des chansons à sa gloire. C’est ce qui explique que les artistes qui le faisaient étaient couverts de présents.

Pourtant la Gambie dispose d’un musée ?
Nous avons 5 musées. Banjul compte le plus grand. Albreda, Kunta kunte , Georgetown etc. Nous avons récolté beaucoup d’argent mais lorsque le président Jammeh a refusé les résultats, cela a impacté négativement nos rentrées de devises parce que les touristes ne venaient plus. Nous avons pu sécuriser beaucoup d’objets d’art. Et contrairement à la rumeur qui dit que le président Jammeh a amené beaucoup d’objets d’art, je m’érige en faux. Ce n’est pas vrai. Il n’a emporté aucun objet de ce musée. N’oubliez pas aussi qu’il était un grand collectionneur d’objets d’art.

Qu’attendez-vous du nouveau régime ?
Nous attendons qu’il nous donne des moyens. La politique du président Jammeh, c’étaient les festivités alors que les infrastructures culturelles n’existent pas. Même ce musée que vous voyez ne répond pas aux normes. Il a été construit depuis le temps colonial et servait d’abord d’Assemblée nationale ensuite de bibliothèque. Il n’y a pas de galerie nationale d’art, de théâtre national, d’orchestre national ni de troupe artistique. Pour faire vivre la culture, il faut des infrastructures. Il faut renforcer les capacités des agents qui travaillent ici. Le régime de Barrow doit aussi revaloriser les lieux de patrimoine culturel comme Kunta kunte Island. D’ail­leurs, Kunta Kunte Island est occupée présentement par les troupes de la Cedeao, parce que c’est un lieu stratégique.

Est-ce-que Yahya Jam­meh a une fois visité ce musée ?
Jamais. En 22 années de règne, il n’a  jamais mis les pieds ici. Son régime a été marqué par une instabilité ministérielle. Pour le département de la culture, il n’a pas eu moins de 10 ministres.

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