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Macky Sall était à Ngaparou pour rendre hommage à Babacar Touré qui s’est éteint dans la nuit du dimanche à l’âge de 69 ans. Le président de la République a dressé le portrait d’un homme multidimensionnel dont l’aura dépassait le monde des médias et les frontières nationales.

L’affliction provoquée par le décès brutal de Babacar Touré ne retombe pas. Présent hier à Ngaparou pour présenter ses condoléances à la famille du défunt, le Président Macky Sall, qui avait réussi à lui confier des charges publiques en le nommant à la tête du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), a toujours été subjugué par le parcours «très riche et valeureux de ce journaliste émérite». Il dit : «On peut dire que Babacar Touré était apparenté à tout le Sénégal. Il avait de bonnes relations avec tout le monde. Et depuis la survenue de son décès, la tristesse s’est abattue sur tout le monde. Lors du Sommet des chefs d’Etat de la Cedeao de lundi, j’ai informé mes pairs que le Sénégal était en deuil puisqu’il venait de perdre un de ses illustres fils qui s’était fait remarquer dans le domaine de la presse. Il était un pionnier dans la création d’entreprises de presse et de communication.» Le Président Sall insiste : «Il a montré à la face du monde l’amour qu’il avait pour la presse, car c’est lui qui pilotait la Commission en charge de la mise en place de la Radiodiffusion-télévision de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.»
Evidemment, l’aura du fondateur du groupe Sud communication dépassait l’univers médiatique et son pays. «Il était un panafricaniste et ami de plusieurs chefs d’Etat présents dont deux que j’ai eu à citer : Alpha Condé et Ibrahim Boubacar Keïta. Tous ces Présidents m’ont présenté leurs condoléances. Ce qui montre la dimension de Babacar Touré au-delà du Sénégal. Et le travail qu’il a abattu de son vivant, dans le domaine de la communication, dans la recherche de la démocratie.»
Par ailleurs, le Président Sall est revenu sur les relations qu’il entretenait avec BT, qui a toujours voulu rester ce manager de média réputé et respecté. «Après mon élection à la tête du pays, je l’ai appelé pour lui dire : Babacar, tu es mon grand-frère. Je connais ton parcours qui est antérieur à ma nomination en tant que Premier ministre, mais aussi tes actions, quand j’ai été aux affaires. Je pense qu’il est temps que tu participes à la bonne marche du pays.» Il me rétorque : «Je ne travaille pas pour l’Etat. Cela n’a jamais été mon orientation. Mais tu es mon jeune frère à qui je peux accepter ce que j’ai refusé à tes prédécesseurs. J’ai des relations avec les Présidents Diouf et Wade, mais je t’accepte cela.» Le président de la République poursuit : «J’ai ensuite insisté pour lui dire que j’avais décidé de lui confier le Cnra et de lui laisser les coudées franches pour faire son travail. Et c’est ce que j’ai fait en lui laissant le soin de choisir ses collaborateurs. Il a fait un bon travail. Il m’a aussi appuyé sur le plan politique en particulier lors de la Présidentielle de 2019.»
Après son départ du Cnra, les deux hommes ont continué à se voir. Et leur dernière entrevue remonte à il y a un mois. «Nous avons discuté de beaucoup de choses et on s’était promis de nous revoir. Mais le Bon Dieu en a décidé autrement. Avec sa disparition, le Sénégal et l’Afrique sont plongés dans la tristesse parce que sa dimension dépassait les frontières du pays. Ses parents ont le cœur meurtri, mais ils peuvent se consoler avec le bilan et les réalisations qu’il laisse derrière lui. Je les exhorte, en particulier ses enfants, à suivre ses pas», conseille Macky Sall qui est sorti de son confinement pour rendre hommage à ce monument de la presse.
Décédé dans la nuit du dimanche, Babacar Touré, 69 ans, est une figure médiatique respectée partout en Afrique. Fondateur du groupe Sud communication, il laisse derrière lui une réputation et une aura qui font l’unanimité. Précurseur dans le milieu de la presse, Babacar Touré était à la fois un journaliste et un homme d’affaires né en 1951 à Fatick. Diplômé en sociologie et sciences politiques, en journalisme et communication, et titulaire d’un Certificat de maîtrise d’anglais, il complète sa formation au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), au sein de la promotion 1979.

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