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Depuis la proclamation des résultats du bac 2020 qui s’est déroulé dans un contexte assez particulier, un syndicaliste Enseignant (la majuscule pour le respect du métier) est en train de faire des sorties pour fustiger le choix du ministère de l’Education nationale concernant la reprise des cours mais également, de remettre en cause les résultats probants du bac 2020.
Le but de cette contribution n’est pas de s’immiscer dans une cuisine interne ou dans l’éternel combat Etat-Enseignants.
Au regard de ses analyses cartésiennes et statistiques, des indépendances à nos jours, il faut effectivement accepter que son raisonnement peut être correct dans le sens où il doit faire appel non pas au nihilisme mais à une analyse profonde avant de tirer des conclusions hâtives.
En effet, avoir un taux moyen de réussite de 34% depuis plus dix (10) ans et passer à un taux de 50% dans ce contexte de pandémie, tout esprit peut être dubitatif et le bon sens, dérouté. Mais Monsieur le syndicaliste n’a pas tenu compte de quelques paramètres ci-après.
1 – les classes avaient déjà terminé la composition du 1er semestre et entamé des devoirs sur la seconde partie du programme.
2 – Les élèves, en classe d’examen, qui avaient une peur bleue de l’année blanche, donc de perdre une année entière, ont mis à profit les jours «covid» pour réviser et s’exercer davantage pour mieux asseoir leurs connaissances mais également avoir plus d’automatismes.
3 – Certains Enseignants, très à cheval sur les nouvelles technologies, dotés de conscience professionnelle et très généreux n’ont jamais rompu le contact pédagogique avec leurs élèves et des cours se sont poursuivis via des plateformes virtuelles. C’est ainsi que beaucoup de professeurs ont fait les cours via WhatsApp, Zoom, etc. Les parents conscients des enjeux se sont sacrifiés pour mettre à disposition les moyens de connexion et les proviseurs soucieux de leurs palmarès et très empathiques ont accompagné et surveillé minutieusement lesdits cours pour plusieurs raisons. Il en est de même dans le privé. Il faut reconnaître qu’il se pose ici un problème sur le principe d’égalité de chances mais les élèves ont développé une très grande solidarité en partageant les fichiers audio, les exercices et les corrections avec ceux qui n’étaient pas connectés au moment des cours.
4 – A la reprise des cours, non seulement les classes étaient éclatées (effectifs divisés en deux) mais les professeurs n’avaient d’horaires (donc du temps) que pour les classes d’examen puisqu’aucun autre cours n’était prévu pour les classes intermédiaires. D’autres professeurs ont été appelés en renfort et le suivi des élèves n’a été que plus aisé. Je salue au passage ce professeur de philosophie, recruté dans un lycée public étranger, qui est venu appuyer gracieusement ses collègues dans un lycée de la place. Il est également constaté que dans les classes où il y a très peu d’élèves, le taux de réussite avoisine les 100%.
La capacité de résilience des Enseignants consciencieux, des chefs d’établissements scolaires et du ministère, qui du reste sont habitués à de telles situations (grèves longues) et l’abnégation des élèves ont contribué, à mon humble avis, à ces résultats exceptionnels.
Cependant, il ne faut pas balayer d’un revers de la main, les analyses de ce monsieur. Il faut, peut-être, faire un décorticage analytique des résultats par région et par lycée afin de mieux affiner, par une comparaison des résultats dans le temps et l’organisation de substitution mise en place cette année, l’interprétation du taux de réussite actuel. Il serait très péremptoire de conclure, avec assurance, à partir de résultats nationaux qui ne sont que la moyenne d’une compilation de «n» résultats.
Sur un autre registre, je me pose des questions sur la faisabilité de résultats «truqués» avancés par le syndicaliste.
Soit il juge que les épreuves ont été très allégées, soit il suppose que la correction a été complaisante. Dans le premier cas, il pourra sûrement le démontrer. Dans le second cas, cela voudrait dire que tout le corps professoral (donc ses collègues) sénégalais est complice de complaisance. Le cas échéant, comment identifier les bénéficiaires des «faveurs» probables avec une correction croisée et des feuilles anonymes ? Comment identifier les candidats qui doivent être envoyés au second tour et ceux qui doivent être ajournés ?
Le syndicaliste alerte aussi sur la difficulté des orientations, c’est pertinent, mais j’espère que c’est plus pour mettre l’Etat devant ses responsabilités que pour se donner raison et/ou pour lui reprocher de ne l’avoir pas suivi dans son idée ; lui qui prônait l’année blanche.
En attendant, je félicite le ministère de la Santé et celui de l’Education nationale qui ont pu permettre de sauver l’année scolaire malgré toutes les appréhensions, normales du reste, autour de la réouverture des classes. Dieu merci, des cas inquiétants n’ont pas été signalés.
Je félicite également et vivement les chefs d’établissements scolaires, les comités d’alerte au sein des lycées, le corps professoral, les parents d’élèves et les élèves pour les efforts fournis et les résultats satisfaisants.
Bon succès pour le reste.
Demba MAKALOU
Parent d’élève
Membre d’un comité d’alerte
Amak_db@yahoo.fr

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