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Tout de go, disons-le net d’entrée : le ministre-député Moustapha Guirassy, président de notre parti Sud (Séné­galais Unis pour le Dévelop­p­e­ment), est la première personnalité, au Sénégal, à avoir publiquement utilisé le vocable  «Fast Track». Il l’a fait en juillet 2018, dans un volet de son projet de société en direction de l’éducation et de la fonction enseignante, publié dans la presse écrite et sur les sites d’information en ligne. C’est aisément vérifiable.

Enseignant et journaliste sont les métiers les plus utiles de la société. Enseignant est le métier qui rend tous les autres métiers possibles. Journaliste est le métier qui permet à la démocratie de rimer avec République.
Cette parenthèse, pour dire qu’il ne faut pas que les enseignants rendent les destins forclos en sacrifiant la jeunesse. De même qu’il ne faut pas que les journalistes tuent la démocratie, en n’étant ni sincères ni impartiaux. Car à défaut d’être les deux, ils se doivent d’être au moins l’un.
Le ministre-député Moustapha Guirassy a donc déclaré, ce samedi 8 décembre 2019, en session parlementaire, être favorable à une suppression Fast Track du Bac, et déterminé à s’en faire le champion : «Je suis pour la suppression du baccalauréat. C’est une arme de destruction massive de notre jeunesse. Même ceux-là qui l’ont initié au Sénégal, ont tendance à l’éliminer, beaucoup de pays européens ont déjà éliminé (cet examen qui a fini de se transformer en)  concours», a-t-il pointé lors de son temps de parole à l’occasion du vote du budget 2020 du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Il faut, selon le président de Sud, un «meilleur» suivi de nos enfants, pour une meilleure gestion du capital humain de notre pays.
Lequel capital humain est, selon le bench-marking de notre parti Sud, notre principale ressource pour nous développer de façon endogène et harmonieuse, loin devant le pétrole et le gaz dernièrement découverts, et devant l’or de Sabodola. Car la nouvelle économie est, et sera, celle des savoirs, des industries créatives et des industries de transformation locale des produits agricoles et de transformation sur place des matières premières. Sud propose un New Deal éducatif, pour doter tous les cerveaux du Sénégal de la formation adéquate et suffisante, tant en langues nationales, qu’en français et en arabe le cas échéant, et des compétences qui leur permettront d’exceller dans la nouvelle économie.
La fameuse comparaison que l’on fait entre la Corée du Sud et le Sénégal, qui en étaient au même niveau de développement en 1960, doit faire constater une chose : c’est d’abord grâce au savoir et à la capitalisation de connaissances, qui lui permettent de concevoir, fabriquer et commercialiser le téléphone Samsung, marque la plus vendue au monde, la marque automobile Hyundai, et autres bateaux, que la Corée est l’un des dragons asiatiques les plus développés aujourd’hui, avec Singapour, Hong-Kong, Taïwan et aux côtés des tigres asiatiques dont font partie la Malaisie et l’Indonésie. L’économie d’aujourd’hui et celle de demain, ce sera donc l’économie du (des) savoirs(s) et du knowledge-management, avant tout. Ce n’est pas le pétrole et le gaz qui nous développeront. Hélas et heureusement.
A cet égard,  ces examens qui sont des armes de destruction massive de chaque génération de jeunes de 12 ans ou de 18 ans, le Cfee et le baccalauréat doivent être supprimés de notre dispositif d’enseignement.
Comme le dit et l’écrit un compatriote éclairé : «Les adolescents du Canada et des Usa entrent à l’université, sans avoir passé un tel diplôme. Le baccalauréat n’est pas nécessaire pour sanctionner 12 ou 13 années d’études primaires et secondaires. Il est possible de reformer et de supprimer le bac. Aux Usa, il n’y a pas de baccalauréat : le  diplôme est obtenu à la suite d’une série d’examens dans différentes matières. Toutefois, il y a bien un High School Diploma, qui est un diplôme qui sanctionne l’accomplissement de toutes les unités de valeur (UV) nécessaires. Par exemple, en science, dans beaucoup d’inspections d’académie (Districts),  il est demandé à l’élève de passer au moins trois cours. Et selon les villes (ou districts), un minimum de crédits (unités de valeur) est nécessaire pour obtenir son High School Diploma. Le changement est donc bien possible, mais cela nécessitera une reforme structurelle. Le progrès doit s’accepter,  tôt ou tard. Modernisons et adaptons notre système scolaire encore «colonial», pour adopter le système anglo-saxon, plus universel et plus efficace. A défaut de le faire maintenant, commençons la réflexion dès aujourd’hui.»
L’école sénégalaise, dite encore «école française» par beaucoup, doit réussir sa réappropriation par ses usagers (parents, élèves et étudiants), ses personnels (enseignants et professeurs) et ses garants (autorités politiques, en concertation avec les représentants des personnels).
Notre parti Sud estime aussi que, au même titre que l’Etat aide déjà les écoles privées confessionnelles catholiques et protestantes, il lui faut mettre au même plan et accorder la même dignité aux écoles dites coraniques. Comment ? En accompagnant financièrement les daaras et en complétant leurs curricula au-delà de la mémorisation du livre saint, tout en supervisant les enseignants de ces écoles coraniques, afin d’y permettre un cursus qui mènera à l’équivalent du Bfem et du baccalauréat. Il y aura, ainsi, extension de la subvention de l’Etat aux daaras avec prise en charge de l’internat.  Par ailleurs, pour tous les types d’écoles, nous demandons l’introduction de stages obligatoires en entreprise (Pme, Tpe, Gie) à partir de la classe de seconde.
Pour en revenir à la question du «Bac» et en terminer par là : oui, notre parti politique Sud, avec à sa tête l’expert en ingénierie pédagogique qu’est le fondateur de l’Institut Africain de Management, Moustapha Guirassy, son président, demande la suppression du baccalauréat, cet examen de destruction massive des destins de la jeunesse sénégalaise. Il faut privilégier les notes de contrôles continus, de la seconde à la terminale, pour évaluer nos chères petites têtes crépues.
Les propositions de Sud ne sortent pas de notre fertile imagination : elles proviennent d’un benchmarking méthodique des meilleures pratiques dans des pays africains, qui ont aujourd’hui résolu à la fois la question éducative et la question enseignante : Maurice, le Maroc, le Rwanda, l’Ethiopie.
Ousseynou Nar GUEYE
 Secrétaire national à la Communication, aux Questions éducatives et à la Coopération Africaine du parti Sud

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