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«L’exploitation abusive des ressources halieutiques à Cayar» a failli engendrer un drame au troisième centre de pêche artisanale du Sénégal. Des affrontements avec utilisation d’armes à feu ont éclaté dans la matinée d’hier opposant des pêcheurs saisonniers et des autochtones. Il a fallu l’intervention de la gendarmerie pour éviter le pire.

Le conflit opposant les pê­cheurs saisonniers et autochtones à Cayar a failli hier virer au drame. Armés lourdement, les deux camps étaient prêts à en découdre. En fait les pêcheurs autochtones du troisième centre de pêche artisanale, dans une colère noire, disent ne vouloir plus que d’autres pêcheurs, venus d’autres horizons, exploitent leurs ressources halieutiques de façon abusive. Il s’en est fallu de peu pour que l’irréparable se produise, puisque n’eut été l’intervention de la gendarmerie, un drame se serait produit dans cette localité. Selon des informations recueillies sur place, «ce sont les pêcheurs saisonniers, armés jusqu’aux dents, qui auraient attaqué ceux de Cayar». Le porte-parole des pêcheurs originaires de ladite localité, Aly Sy, indique : «Nous ne pouvons pas répondre à la violence par la violence. Et c’est après avoir purgé tous les recours du côté des autorités locales et administratives que nous avons décidé d’agir pacifiquement. C’est pourquoi nous avons réuni toute la population pour dénoncer cela et faire en sorte que ce genre de pratique ne surgisse plus.» Des pratiques qui concernent, selon lui, «l’utilisation du monofilament par les pêcheurs saisonniers. Alors que cette technique est interdite par les autorités en charge de la pêche». Et de s’étrangler : «C’est une technique que les pêcheurs ne veulent plus voir sur les rives de Cayar.» Et de prévenir : «Vu les conditions que vivent aujourd’hui les fils de Cayar, on ne voudrait pas aussi que demain nos chers pêcheurs soient victimes de l’illégalité.» Ainsi et de lancer un appel aux pêcheurs pour «la préservation de la ressource». Un appel solennel pour, selon Aly Sy, faire remarquer à la population et à toutes les autorités sénégalaises que «Cayar aujourd’hui en a marre des pratiques de ce genre, faisant que la jeunesse cayaroise est en train de connaitre dangereusement l’émigration clandestine, vu que les produits halieutiques ne donnent plus les retombées attendues, qui permettent d’assurer la dépense quotidienne». Ces gens de mer qui ont senti la «nécessité d’avertir qui de droit», disent attendre des «mesures énergiques de l’Etat», ce même si le chef du service de pêche de Thiès aurait déjà condamné de «tels actes».

nfniang@lequotidien.sn

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