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Pour une histoire de temps de parole, les choses ont dégénéré hier à l’Assemblée nationale au point de transformer l’Hémicycle en arène. Une authentique séance de pugilat qui est venue se substituer aux discussions du débat général pour le vote du budget du ministère de l’Enseignement supérieur. Mais les événements ont vraiment basculé quand dans la mêlée, le député du Moyen-Orient, Kader Ndiaye, en est venu aux mains avec son collègue Cheikh Abdou Mbacké Bara Dolly d’abord puis avec Mame Diarra Fam, députée de la Diaspora, qu’il va agresser physiquement. Mais tout est parti de la répartition du temps de parole aux députés. Cette année, au nom d’un consensus, la liste des orateurs est arrêtée selon le principe du débat organisé. Mais cet arrangement a eu l’heur de frustrer les députés de l’opposition qui ont dénoncé un traitement inéquitable. Devant le refus de la majorité de changer les règles du jeu, le député Cheikh Abdou Mbacké Dolly décide de se donner la parole. Il y arrive une première fois mais à sa deuxième tentative, il se heurte aux députées Anna Poupaye Gomis et Amy Ndiaye. C’est le début des hostilités puisque les autres parlementaires vont entrer dans la danse. Très énervé, le député Bara Dolly saute à un moment sur la table pour aller en découdre avec ses contempteurs. La table cède sous son poids mais cela ne le décourage point. Il engage ainsi un corps-à-corps avec un député tandis que Lika Ba, députée de Guédiawaye, se joint à la bataille pour tenter de bourrer son adversaire de coups de poing. Cette dernière est saisie par Toussaint Manga qui la dépose tout simplement à côté. La mêlée devient alors générale et la députée Mame Diarra Fam se déchaîne contre son agresseur. Décidée à en découdre avec lui, elle revient à la charge et balance tout ce qui lui tombe sous la main sur la tête du député «moyen-oriental» en lui gratifiant de toutes sortes d’épithètes sous les yeux du Pr Mary Teuw Niane. Il faudra plusieurs minutes à ses collègues pour calmer l’ire de madame Fam. Et c’est finalement quand la présidente de séance décide d’une suspension que le calme revient petit à petit.
A la reprise, de nouvelles règles de prise de parole sont édictées et Abdoulaye Makhtar Diop, le premier orateur, se retrouve avec 5 mn en lieu et place des 10 mn qui lui avaient été dévolues. Et c’est pour déplorer le spectacle offert par ses collègues. «Il faut qu’ensemble nous présentions au Peuple sénégalais nos excuses. On doit appliquer le Règlement intérieur et sanctionner les actes d’indiscipline. Nous devons tous jurer qu’une telle scène ne doit pas se reproduire», exhorte le Grand Serigne de Dakar.
mamewoury@lequotidien.sn

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