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Assome Aminata Diatta, ministre du Commerce.

La Fédération nationale des boulangers du Sénégal a suspendu hier son mot d’ordre de grève de 72 heures. Après 48 h d’arrêt de production de pain, la Fnbs, qui a trouvé un terrain d’entente avec le gouvernement, a décidé de reprendre ses activités dès aujourd’hui.

Il y aura du pain dans les kiosques à partir d’aujourd’hui, au grand bonheur des consommateurs. La Fédération des boulangers du Sénégal en grève depuis 48 heures, a suspendu son mot d’ordre hier, à la suite d’âpres discussion avec le ministre du Commerce et auparavant, le Premier ministre.
Au bout de deux jours d’arrêt de production de pain, ils ont obtenu gain de cause sur deux points et un bonus sur le sac de farine dont le prix passe de 17 mille 500 à 16 mille 800 francs Cfa, soit une baisse de 700 francs.
Après s’être excusé du désagrément causé par leur grève, Amadou Gaye, président de la Fnbs, soutiendra que cette grève était une manière de manifester leurs problèmes. «Ce n’était pas pour mettre une pression. C’était juste pour montrer qu’il y a des problèmes. Les plus hautes autorités ont compris et avec la Direction du commerce intérieur, nous allons travailler dans ce sens pour que les Sénégalais, les boulangers, les consommateurs, les meuniers puissent s’y retrouver», a dit M. Gaye.

Une perte de 16 millions par mois pour les meuniers
Dès son arrivée à la tête de ce département, le ministre du Commerce a eu droit à un accueil peu chaleureux en faisant face au mouvement d’humeur des boulangers. Assome Aminata Diatta a tout de même salué l’effort consenti par les meuniers qui ont accepté de baisser le prix du sac de farine, bien que la conjoncture internationale ne s’y prête pas. «Après 4 heures de discussions, on a bien mesuré les enjeux et compris qu’il fallait faire d’énormes sacrifices pour revenir à une situation normale et pour pouvoir envisager un futur meilleur. C’est ainsi que nous avons accepté de baisser les prix de 17 500 à 16 800, soit une baisse de 700 francs qui impacte nos marges de plus de 600 millions par mois», a fait savoir Claude Demba Diop, président de l’association des meuniers industriels du Sénégal.
Les autres points de revendication des boulangers portaient sur l’introduction d’un autre format de pain, l’encadrement des marges de distribution, entre autres. Pour statuer sur ces points, une commission technique se réunira dès mardi prochain. «A la suite des travaux de ce comité, le Conseil national de la consommation se réunira pour entériner les décisions et permettre au ministre du Commerce de prendre un arrêté pour fixer les formats mais également les marges de distribution», a dit Assome Aminata Diatta.
Le ministère du Commerce et l’ensemble des acteurs se sont donné un délai deux mois pour vider définitivement, ces questions relatives aux prix du pain et de la farine. «Pendant deux mois, on considère que malheureusement on va perdre 1,2 milliard», regrette Claude Demba Guèye, même si, estime-t-il, «le jeu en vaut la chandelle», puisque les mesures prises remettent sur la table les assises nationales. «La farine a été un très beau prétexte, mais cette grève a été salutaire pour les boulangers», a dit M. Gaye.
ksonko@lequotidien.sn

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