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Chine, Russie, Iran, Corée du Nord : les orphelins de Trump

«Make America great again». C’était le slogan de Donald Trump. Il devra être celui de Biden en matière de politique extérieure pendant les quatre prochaines années. L’intermède de quatre ans de Trump n’a pas redonné à l’Amérique sa grandeur sur la scène internationale. C’est le contraire, Trump a ridiculisé l’Amérique, qui est passée de l’Hyperpuissance à puissance relative que personne n’écoute ou ne prend au sérieux. En politique extérieure, Joe Biden a la tâche titanesque non seulement de faire revenir les Etats-Unis dans le jeu mondial, mais aussi et surtout de les replacer au centre du jeu. Trump n’avait pas de politique extérieure. Tous les actes qu’il a posés sur la scène internationale étaient motivés par son agenda interne : l’obsession de la réélection. Le déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, la sortie de l’accord de Paris sur le climat et celle sur le nucléaire iranien étaient tous motivés par un agenda politicien interne. Sur le plan des relations internationales, le «Trumpisme» a été une grande chance pour la Russie, la Chine et la Corée du Nord. C’est pourquoi ces pays ont été les derniers à féliciter Biden. Quatre ans de plus de Trump et la Chine aurait encore creusé l’écart dans la course pour être «l’Empire du Milieu» (à savoir, qui de la Chine ou des Etats-Unis sera le centre du monde). Le départ de Trump n’est pas non plus une bonne nouvelle pour l’Iran et la Corée du Nord. L’état de belligérance permanente permet à ces pays de reléguer la question de l’évolution de leur régime au second plan, car l’épée de Damoclès de la menace américaine fait oublier les contradictions internes qui deviennent secondaires. Il est fort probable que Biden renoue avec la doctrine de «patience stratégique» de Obama pour gérer les relations avec l’Iran et la Corée du Nord. Cette «patience stratégique» a été à l’origine de l’accord sur le nucléaire iranien. Ce qui faisait que pour la première fois depuis 1979, le régime des Ayatollahs était privé de son assurance survie, car la menace permanente a toujours été le premier facteur de cohésion interne, comme ce fut le cas pour Cuba pendant des décennies. D’ailleurs, quelque temps après les accords de Paris sur le nucléaire, la rue iranienne s’était réveillée pour dénoncer l’activisme et l’expansionnisme militaire iranien en Syrie, en Irak et au Liban, qui coûte très cher alors que le pays est confronté à des problèmes économiques. Trump arriva comme un «mahdi» pour sauver les Ayatollahs de la question interne en déchirant les accords de Paris.
Le «Make America great again» est bon slogan pour Biden en matière de politique extérieure. L’Amérique n’a jamais été dans la grandeur avec l’isolationnisme ou l’égoïsme «Trumpien». L’Amérique a été dans la grandeur quand elle été le porte-flambeau des démocraties contre le nazisme et le communisme, et chef de file du monde libre. Elle a été dans la grandeur quand elle a été une terre d’asile et d’opportunités pour tous les émigrés, quand elle construisait des ponts entre les peuples avec la création de l’Onu, quand elle pousse à faire tomber des murs comme celui de Berlin, mais pas quand elle s’emmure et discrimine des pays en fonction de leur religion. La principale mission de Biden consistera à la rallumer la Torche de la statue de la liberté, afin que l’Amérique renoue avec ses valeurs qui en ont toujours fait un pays exceptionnel.

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