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La crainte de vivre le calvaire des habitants de la commune de Tivaouane Peul-Niagues avec son lot de destruction de maisons par la Dscos assaillit le village de Kounoune Ngalap. A travers une descente dans le village en date du 10 janvier, la Dscos a badigeonné toutes les constructions en cours aux ordres d’arrêt immédiat des travaux. Une situation qui fait craindre chez ces habitants qui ont tenu un sit-in dimanche.

Assommées par une descente de la Direction de la surveillance, du contrôle et de l’occupation du sol (Dscos) leur intimant d’arrêter toute construction dans la zone, les populations de Kou­noune Ngalap (commune de Bambilor) craignent pour leur avenir dans ce village traditionnel. Des centaines de maisons en construction risquent d’être détruites, créant une psychose chez ces populations, craignant de voir ce qui s’était passé à Tivaouane Peul leur arriver.
Arborant des brassards rouges dimanche, jeunes, femmes et hommes sont montés au créneau pour se faire entendre. «Toute la jeunesse de Kounoune Ngalap est debout parce que c’est leur avenir et celui de leur village qui sont en jeu et nous n’accepterons pas, au prix de nos vies, à céder notre dû», s’est étranglé Alassane Diop, parlant au nom des jeunes du village. Ousseynou Diallo, porte-parole des populations, a parlé pour sa part d’une histoire cousue de fil blanc par des promoteurs, appuyés en haut lieu par des autorités dans l’ombre. «Des promoteurs immobiliers véreux qui, visiblement, ont la bénédiction de l’Adminis­tration veulent faire main basse sur des terres sans aucun fondement légal», a fait savoir M. Diallo convaincu qu’«une famille est en train de tout faire pour détruire le village de Kounoune Ngalap». Il a fait savoir qu’une première tentative a eu lieu en 2005. Affaire sur laquelle le Tribunal de grande instance avait tranché dans une ordonnance de juillet 2005 au profit de la population de Kounoune Ngalap. «Les délibérations du conseil rural de Sangalkam en faveur des occupants sont antérieures d’au moins 10 ans aux faux papiers par lesquels ils veulent faire croire que le site leur appartient», a-t-il poursuivi.
La deuxième tentative en 2007 sous la férule de Daouda Thioune, réclamant ses terres, a été déclarée irrecevable par le Tribunal au profit encore des populations de la localité, à l’en croire. Et avec cette troisième tentative avec la venue de la Dscos, les populations se sont dit déterminées pour que la chose soit traitée pour de bon par l’Etat. «Nous faisons appel au Président Macky Sall. Dans sa politique sociale au profit des défavorisés, il a donné des instructions à ses services pour une régularisation des titres précaires et révocables. Nous avons acquis ces terres depuis plus de 10 ans et ils n’ont jamais été remis en cause ni désaffectés», a dit le porte-parole des populations. «La famille de Djibril Déthié Thioune a un décret, le 10 303 R, qui pour nous est un titre foncier de l’Etat sur une assiette de 97 hectares pour la Zac de Kounoune. Si la Dscos ou Daouda Thioune considèrent le 10 303 R comme leur propriété, il y a anguille sous roche», a soulevé M. Diallo, mettant les documents détenus par la famille Thioune sous du «faux facilité par de gros bonnets».
abdniaye@lequotidien.sn

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