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Les agressions foncières récurrentes sur le titre 1975/R, communément appelé titre Bertin, indisposent les habitants de la localité. Regroupés autour du Collectif sama sunu gokh, ils ont mené une vaste mobilisation à Mbèye pour alerter les autorités. «Des personnes disant agir avec l’aval du sous-préfet, accompagnées d’éléments de la Dscos, sont venues procéder à des mesures sur le 1975/R alors qu’un décret a défini la part de chaque village», a fait savoir le chef de village, Mody Bâ. «Nguendouf 35 hectares, Wayembab 15 hectares, Mbèye 15 hectares, Deni Guedj Sud 20 hectares, Gorom2 25 hectares, Bambylor 60 hectares», a-t-il listé, faisant savoir que «tout autre plan présenté est une arnaque contre les populations». C’est le porte-parole du jour, Talla Diop, qui a éclairé sur le contenu du décret. «Est déclaré d’utilité publique le maintien des villages situés sur l’assiette foncière du 1975 R, leur extension ainsi que l’espace nécessaire à leur survie et à leurs extensions», a-t-il dit en faisant référence à l’article premier du décret 103-2006. Il s’est d’ailleurs interrogé sur la délivrance de baux sur ces espaces. «En deux ans, il y a deux entreprises qui sont venues, elles ont pris plus de 60 hectares entre Deni Guedj Sud, Mbèye et Déni Biram Ndao Sud. Il s’agit de l’entreprise Locafrique et l’autre c’est Abb. 21 autres hectares qui englobent plus d’une dizaine de paquets de maisons ont été attribués à l’entreprise E3S», a-t-il servi pour légitimer leur frustration. «Les populations sont inquiètes car à ce rythme on risque même de perdre toutes nos maisons», a-t-il fait savoir non sans appeler directement le président de la République à rétablir les populations dans leurs droits. «Tout ce que nous demandons, c’est la régularisation foncière des villages ainsi que les extensions qui sont aux alentours», a dit Diop sous l’approbation des membres du Collectif sama sunu gokh mis sur pied pour la circonstance. A l’occasion de la manifestation du collectif composé d’habitants de Nguendouf, Mbèye, Wayembam et Deni guedj Sud, les manifestants brassardés en rouge comptent barrer la voie aux entreprises précitées. «Nous mettons en garde ces entreprises privées. Si les autorités publiques ne prennent pas des mesures par rapport à ce problème, nous allons nous battre jusqu’au dernier souffle. Le combat ne fait que commencer. Nous ne permettrons pas à ces entreprises de s’installer», a ainsi averti Talla Diop.

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