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A l’image des pôles urbains de Diamniadio et du Lac rose, le collectif citoyen pour la défense du foncier composé de sept entités propose un pôle agricole sur le site de Baobab et Bud Sénégal. Ils ont interpellé le chef de l’Etat pour la matérialisation de cette volonté qui va intensifier l’agriculture périurbaine et en même temps désamorcer la forte boulimie foncière entretenue dans la zone par des fonctionnaires haut placés.

Eriger en pole agricole le périmètre de Baobab, Bud Sénégal et environs est le seul moyen de préserver la vocation agricole de la zone. Telle est la conviction du collectif citoyen pour la défense du foncier du périmètre de Baobab, Bud Sénégal et environs composé de sept entités dont la coalition des 27 communautés villageoise des zones impactées. Ils faisaient face à la presse samedi sur les lieux. «Le collectif propose l’érection des périmètres maraichers de l’ex-société Bud Sénégal en pôle agricole sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, à l’instar des pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose», ont fait savoir les membres dans la «déclaration de Baobab» lue par le membre du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), Mamadou Diop Thioune. Cette mesure va être triplement bénéfique, selon eux, car pouvant freiner l’émigration clandestine, produire des biens alimentaires et aussi préserver l’écosystème mise à rude épreuve. Délivrance de nouvelles identités cadastrales (Nicad) par le service des domaines et du cadastre et la mairie de Bambylor, déclassification illégale et non réglementée de la forêt de Mbeuth, abattage systématique des baobabs et des autres espèces, ont-ils relevé en fait, entre autres, parmi les méfaits à la source du péril foncier constaté dans la zone. Dès lors ils ont interpellé le Président Macky Sall pour la cessation sans délais de ces agissements perpétrés par des prédateurs fonciers et de nature à perturber la stabilité des populations rive­rai­nes. «Cette zone nous permettait de subvenir convenablement aux besoins de nos familles. Aujourd’hui, que ce soit à Déni Malick Guèye, localité la plus proche du site ou bien partout ailleurs, dans les villages environnants, les femmes sont dans l’inactivité à cause de la pression entretenue par des personnes haut placées dans le système. Et tout ça, pour des projets immobiliers ; il faut que la zone retrouve sa vocation agricole»,   a plaidé en ce sens,  Ndèye Woré Mbengue, conseillère municipale à Diamnia­dio. «L’érection de la zone en pôle agricole va contribuer au respect des engagements des directives volontaires de la Fao portant sur le foncier, les océans, les forêts ; l’accès des femmes et des jeunes à la terre et à la sécurité alimentaire»,  a assuré le membre du Hcct, par ailleurs leader écologiste, pour édifier sur la pertinence d’un pôle agricole dans la zone qui est  «la seule dorsale agricole de la région de Dakar».
«Le périmètre de Baobab couvre une étendue de 1050 hectares dont 700 titrés (Tf : 2374/R) et 276 Tni (Terres non immatriculées). Un délestage de près d’un quart représente les ponctions et les Nicad opérés sur le site», a rappelé le collectif dans son mémorandum pour relever la profondeur du mal. Tout ce qu’ils veulent, c’est que la zone soit attribuée au ministère de l’Agriculture, désormais installée à quelques encablures, pour l’intensification de l’agriculture péri urbaine et la sauvegarde de la vocation agricole de la zone des Niayes.
abndiaye@lequotidien.sn

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