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Amadou Ba, ministre de l’Économie et des finances.

Les banques ont injecté 5 256 milliards de francs Cfa dans le financement des entreprises en 2016. Pourtant, les Petites et moyennes entreprises (Pme) se sentent exclues et accèdent difficilement aux financements. L’Observatoire de la qualité des services financiers a posé le débat au cours d’un atelier de sensibilisation sur les mécanismes de financement des Pme.

En 2016, les banques ont injecté 5 256 milliards de francs Cfa dans le financement des entreprises sénégalaises, selon le président de l’Association des professionnels des banques (Apbef), Mohamed Soumaré. Pourtant, les Petites et moyennes entreprises (Pme) continuent de décrier l’absence de financements qui leur sont alloués, même si elles représentent près de 80% du tissu économique et participent au Produit intérieur brut (Pib) à hauteur de 33%. Selon le secrétaire exécutif de l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf), la raison est à chercher dans le manque de formation et d’information des Pme. «Les Pme ne se rapprochent pas des structures d’encadrement existantes», a constaté M. Mamadou Habib Ndao à l’occasion d’un atelier de sensibilisation de l’Oqsf sur les mécanismes de financement des Pme. «Tous les organes d’encadrement sont là pour conseiller les Pme en amont dans leurs relations avec les opérateurs financiers. Toute personne qui cherche un emprunt, qu’elle soit une start-up, un jeune étudiant ou quelqu’un qui a une petite échoppe a Sandaga, doit savoir ou aller d’abord.» Selon Mme Sophie Fall, juriste à l’Oqsf, une fois qu’elles ont identifié leur interlocuteur, la mauvaise formulation des demandes de crédit constitue une contrainte majeure. Si l’on y ajoute le fait que ces Pme ne sont pas en mesure de fournir les garanties exigées ainsi que le déficit de suivi et d’accompagnement et les tarifs élevés des crédits, l’on comprend aisément leur complainte. C’est pour lever le voile sur cette partie essentielle de la survie des Pme que l’Oqsf a initié cet atelier de sensibilisation.
Il s’agit, selon le représentant de la Direction de la monnaie et du crédit (Dmc), M. Oumar Diallo, «de réfléchir sur la problématique de l’accès au financement des Pme qui demeure encore faible». Selon M. Diallo, la contribution du secteur bancaire dans l’économie tournait autour de 36% en fin décembre 2015, là où dans des pays comme le Maroc ou l’Afrique du sud, ce taux dépasse les 70%.
Les contraintes à l’accès des Pme au financement restent généralement très lourdes. Mme Sophie Fall note ainsi que pour les lignes de crédit, il n’y a pas de procédures dédiées aux Pme ; ce qui favorise les grandes entreprises. De plus, elle souligne l’importance de l’accompagnement et du suivi, le manque de célérité dans la prise de décision et les problèmes de recouvrement. C’est pour juguler ces difficultés que l’Oqsf a initié un Programme national d’éducation financière (Pef). Dans la première phase de ce programme, près de 1 161 Très petites entreprises (Tpe) et Pme ont pu suivre des sessions de formation sur les bases de la gestion et de la comptabilité. En plus de cette action de sensibilisation, l’Oqsf propose la poursuite des efforts de bancarisation et l’assouplissement des garanties. L’observatoire préconise également l’optimisation de l’utilisation du Bureau d’information de crédit (Bic). Mais la formalisation des entreprises est un préalable à toute demande de financement, indique Mme Fall qui souligne la nécessité de fournir une preuve de rentabilité, des capacités managériales certaines et une analyse des besoins de financement.
mamewoury@lequotidien.sn

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