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Lasses d’attendre leur indemnisation, les communautés impactées par le port minéralier et vraquier de Bargny Sendou ont pris d’assaut le site du projet samedi pour rappeler au Président Macky Sall sa promesse. En pleine campagne électorale en février 2019, le chef de l’Etat les rassurait par rapport à la réparation des préjudices occasionnés par le projet.

Ils se croyaient au bout de leurs peines lorsque le président de la République les rassurait en pleine campagne électorale sur leur indemnisation à partir de février. Eux, ce sont les impactés du port minéralier et vraquier de Bargny Sendou qui, las d’attendre, ont improvisé un sit-in samedi sur le site du projet. «Depuis l’engagement du chef de l’Etat pour avancer une somme de 500 millions de francs Cfa à ce jour, rien n’a été fait. Quand le ministre des Finances dit qu’il n’y a aucun ministère qui porte ce montant et que l’on doit attendre la Loi des finances rectificatives de 2019 pour prétendre entrer dans nos droits, cela nous ahurit», peste le porte-parole des impactés, Issa Diop. Le Président Macky Sall, lors de son passage à Rufisque, promettait le décaissement de cette somme «dans le mois de février». «Voilà deux ans que nous avons perdu nos champs. Deux mois après la promesse du chef de l’Etat venu à Rufisque en campagne, nous courrons toujours après ce qui nous revient de droit», s’est encore désolé Alioune Diouf, un des nombreux exploitants agricoles impactés. Ils étaient d’ailleurs près d’une centaine à assaillir le site devant abriter le port pour s’opposer à toute avancée des travaux. «Ces terres nous appartiennent jusqu’à présent. Tant que l’Etat ne paye pas ce qu’il doit aux impactés, il n’est pas encore propriétaire de ce site», a argumenté M. Diop, se désolant que l’Etat traîne les pieds sur la compensation. «Les Pv de conciliation ont été déjà signés. C’était un dossier prêt depuis 2018. Le maire de la commune nous avait dit qu’on allait percevoir nos indemnités qui seraient reversées pour 2019. A notre grande surprise, le préfet nous dit que ce n’est inscrit dans aucune des lignes budgétaires des différents ministères», a-t-il regretté sans pour autant aller au bout de sa déclaration. Des éléments du commissariat de police, sans doute avisés de la manifestation non autorisée, ont débarqué avec des jets de grenades lacrymogènes pour disperser les protestataires.
Quatre d’entre eux, dont le porte-parole Issa Diop, ont été interpellés avant d’être relâchés tard dans la soirée de samedi. 483 exploitants agricoles et 270 propriétaires terriens occupaient le site jusqu’en 2017. Pour les besoins de la construction du port minéralier, ils ont été déguerpis et courent depuis lors après une compensation.
abndiaye@lequotidien.sn

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