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Les quelques grenades lacrymogènes lancées par les éléments de la police pour disperser la manifestation organisée sans aviser l’autorité n’ont pas découragé les protestataires. Hier lundi, les impactés du port minéralier et vraquier de Bargny Sendou se sont levés pour «arrêter de force les travaux». Il a fallu les mises en garde de la police pour que finalement les populations ne s’arrêtent à une dizaine de mètres des ouvriers en plein labeur sur le site pour expliquer la cause de leur courroux. «Nous étions d’accord sur la première phase qui était le terrassement. Nous avions rencontré le nouveau préfet à deux reprises et il nous avait promis que dans ce mois d’avril, les procès-verbaux de conciliation seraient signés. Malheureu­sement, nous nous sommes rendu compte que le promoteur a déjà commencé la construction du mur de clôture alors qu’il était convenu avec le préfet qu’aucune activité ne pouvait se faire sans pour autant que les populations ne soient indemnisées au préalable», a expliqué Issa Guèye, porte-parole des protestataires. «Ils nous doivent des impenses après avoir détruit nos récoltes au mois d’octobre 2017 alors que l’on s’apprêtait à faire la récolte», a-t-il ajouté. L’expropriation sur le site de 680 hectares concerne, à l’en croire, 483 exploitants agricoles et 270 propriétés. Déterminés à se faire respecter, ils ont juré bloquer les travaux. «Aujourd’hui, demain ou un autre jour, nous allons de force bloquer les travaux. Aucune activité ne va se poursuivre si on ne perçoit pas les indemnités qui nous étaient promises», a soutenu M. Guèye. La centaine de femmes agricultrices ayant participé à la manifestation ne dit pas le contraire. «Notre activité principale était l’agriculture et l’Etat nous l’a retirée avec ce port. C’est nous qui gérions toutes les dépenses dans nos maisons. Et depuis octobre, nous ne faisons que nous tourner les pouces. Au moins que l’on nous donne les indemnités pour que l’on puisse trouver une autre activité à mener», a pesté Rokhaya Kébé. Plus qu’une simple question d’activité agricole, c’est toute une ville qui est en phase de désagrégation, de l’avis de Issa Guèye. «243 logements seront déguerpis sous peu à Sendou. Actuellement, les populations de Bargny, Miname et Sendou ne savent plus où donner de la tête puisque qu’elles sont prises en étau entre la centrale à charbon, le port minéralier et vraquier et la mer qui ne cesse d’avancer», a-t-il ainsi alerté, appelant l’Etat à «sérieusement» se pencher sur le devenir de la commune.

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