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Contraint de payer les salaires malgré l’arrêt des compétitions dû à la pandémie du Covid-19, les présidents de plusieurs clubs de basket tentent tant bien que mal de faire face à la situation. Des charges qui deviennent de plus en plus difficiles à gérer pour ces derniers. Et cela, face à l’absence de partenaires ou encore d’un appui de l’Etat.

La pandémie du coronavirus ne cesse de gagner du terrain dans le monde. Le Sénégal depuis plus d’un mois, a eu sa dose avec désormais plus d’une centaine de cas sous traitement et deux décès.
Ce qui contraint la famille sportive à continuer à rester en dehors des pelouses et autres parquets, le temps de la crise. Et dans cette propagation, le monde du sport, particulièrement le basket, traverse des difficultés financières après plus d’un mois d’arrêt. Plus aucune compétition certes, mais les charges au quotidien ne changent pas. Au niveau de la direction des clubs, les présidents cogitent au quotidien pour surmonter les difficultés financières liées à ces charges inhérentes.
C’est le cas au Dakar université club (Duc) où le président tente tant bien que mal à prendre en charge les salaires des joueurs et autres membres du staff technique. «Comme tous les clubs, c’est une situation qui s’impose à tout le monde. Naturellement, nous sommes obligés de respecter des engagements vis-à-vis de nos joueurs et joueuses, membres de l’encadrement technique», dira El Hadji Mapathé Touré.
Avec des charges fixes, le patron du Duc souligne être plus préoccupé par la situation des expatriées, confinées depuis le début de l’arrêt des compétitions. «Nous avons des étrangères qui sont restées à Dakar et pour lesquelles il faut subvenir à leurs besoins. Naturellement, la situation est tendue. Nous espérons qu’elle va rapidement se décanter», prie le successeur de Me Babacar Ndiaye, à la tête du club estudiantin.

Duc : en attendant le Coud
Contraint de s’auto-prendre en charge depuis le début de la saison, en attendant la réaction de la direction des Centres des Œuvres Universitaires de Dakar (Coud), l’un des premiers partenaires du club, le président du Duc «espère pourvoir payer les salaires du mois de mars. Mais compte tenu de la situation, nous n’avons pas encore de sponsors. Le soutien du Coud est en voie. On attend de recevoir cette subvention qui nous fera beaucoup de bien et nous aidera à nous mettre à jour. Pour le moment, c’est le statuquo».
Du côté de l’Ascc Bopp, le constat est le même. «On a aucune perspective sur la suite de la saison. C’est difficile à gérer. On gère mensuellement en attendant de voir l’évolution des choses. Le souci financier est là. J’imagine que c’est partout pareil», reconnaît Ndiogou Dramé.
Pour faire face aux difficultés, souligne-t-il, «on essaie de gérer en interne les besoins financiers. On ne peut pas parler de salaires à payer parce que ce n’est pas évident. Mais on comprend quand même les difficultés et on essaie de gérer en interne.»

«Même les sponsors sont touchés»
C’est une des alternatives trouvée par la direction du club, en l’absence de partenaires ou encore de soutien. «Même les sponsors sont touchés en ce moment par la pandémie. Les gens cherchent à prioriser leurs dépenses. On ne sait pas combien de temps cela va durer. Mais espérons que la situation ne dure pas trop longtemps», espère le président de l’Ascc Bopp qui a pris la direction du club en début de saison.
Du côté de l’Us Ouakam, les responsables du club ont également pris les devants pour faire face à la situation. «Personne ne s’attendait à cette situation. Dès qu’il y a eu la mesure d’arrêter le championnat, nous avons tout suspendu au sein du club. Maintenant, avec les engagements pris auprès des joueurs et l’encadrement, on a payé les salaires de mars pour respecter nos engagements», a confié Samba Guèye, vice-président chargé des sections au sein de l’Us Ouakam et par ailleurs président la Ligue de basket de Dakar.
Quid de l’avenir ? Sur ce chapitre, M. Guèye souligne qu’au sein du club, «on va observer la situation pour la suite. Surtout que pour le moment, on n’a pas le soutien attendu. Mais comme le club travaille sur des prévisions, pour le moment on est en stand-by».
Dans les régions, la situation est quasi la même. A Ziguinchor, l’autre promu en National 1 traverse également les mêmes difficultés. En plus de deux déplacements effectués à Dakar et Mbour en début de la saison, l’équipe féminine du Cemt Basket Club de Ziguinchor doit faire face à la nouvelle donne. Et cela, malgré les maigres moyens dont l’équipe dispose. «On est confronté à beaucoup de problèmes. Comme vous le savez, Ziguinchor est loin des autres régions. L’équipe doit parcourir 450 kilomètres en aller et retour. Ce n’est pas évident», souligne Malick Ndiaye, président du club et par ailleurs Professeur de philosophie. En plus des frais de déplacements, les responsables du club doivent également honorer les engagements pris auprès des joueuses et membres du staff technique. «Avec cette période des vaches maigres, c’est un peu difficile pour nous, contrairement aux autres clubs comme l’Asc Ville de Dakar, Iseg, Saint-Louis Basket Club, Douanes ou Duc. On arrive quand même à honorer nos engagements», confie M. Ndiaye. Cependant, le club peut compter sur le soutien des autorités locales dont «le ministre d’Etat, Benoit Sambou, ou encore le maire Abdoulaye Baldé».
Du côté de l’Us Rail de Thiès, qui effectue son retour en National 1, la situation semble être sous contrôle. «Chez nous, c’est peut-être moins grave. On n’a pas de salaires à payer aux joueurs, sinon que des indemnités», témoigne Lamine Cissé, le président du club.
Reste à savoir ce que le ministère des Sports et la Fédération sénégalaise de basket comptent faire pour appuyer les différents clubs afin de les soutenir dans cette période difficile marquée par le Covid-19.

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