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Hlm basket club (Hbc) vient de renouer avec la première division après des années d’absence dans l’élite du basket national. Pour ce club de quartier, dépourvu de moyens, les débuts sont difficiles.

Sur le parquet sec et dur, le rebond des balles fait écho aux sifflements du vent. En cet après-midi de froid de ce mois de janvier, le terrain de basket des Hlm s’est vidé de ses inconditionnels. Seuls les joueurs de l’équipe de Hlm basket club (Hbc) sacrifient à l’entraînement journalier. Regroupés autour du coach, ils suivent attentivement les consignes avant de s’élancer à travers le parquet en ciment. Aujourd’hui, les jeunes recrues du club profitent de l’expérience du technicien Dame Diouf.

Les matchs se négocient dans la débrouillardise
Tout de bleu vêtu, celui-ci alterne phases de jeu et discussions sur les différentes stratégies. Debout sur la touche, Abdoulaye Cissé est le coach titulaire du club. Et cette année, pour la troisième fois, Hlm renoue avec l’élite du basketball sénégalais. Le résultat de nombreux sacrifices, mais aussi d’efforts constants, souligne le coach.
Mais pour ce retour dans l’élite, le démarrage a été plus que poussif. Six jours d’entraînement seulement pour préparer le premier match contre le Dakar université club (Duc). Résultat, une lourde défaite face aux universitaires qui se sont imposés 50 à 30. «Pour jouer en première division, on n’avait qu’un mois pour reprendre les entraînements. C’était difficile pour nous parce qu’on avait même des problèmes avec les licences. Pour notre premier match, on n’a aligné que 11 joueurs», explique coach Cissé.

La subvention de la mairie des Hlm toujours attendue
Si le club a reçu des renforts de taille, le quotidien reste encore difficile et les matchs se négocient dans la débrouillardise. «Notre seul bailleur est la mairie des Hlm qui nous alloue une subvention, mais jusque-là on attend encore celle de 2017.»
Pour faire face aux charges, le coach et les dirigeants puisent dans leurs poches pour assurer le transport des joueurs. Signe de la précarité dans laquelle évolue l’équipe. Seuls deux ballons lui appartiennent, les autres sont des prêts. «Il arrive que des joueurs ne s’entraînent pas parce qu’ils n’ont pas de chaussures», confie l’entraîneur qui lui-même ne touche aucun salaire depuis 10 ans qu’il est au poste. «Ici, on ne paie pas les joueurs. On donne le transport et les chaussures. Et si tu es blessé, on te soigne. Tout ce qu’on peut garantir aux joueurs, c’est qu’ils vont jouer et progresser», précise notre interlocuteur.

Se maintenir dans l’élite
Sur la moitié de terrain sur laquelle ils s’entraînent, les joueurs allient force et adresse. Insensibles au vent, ils volent vers le panier, mais gardent à l’esprit les challenges qui vont avec cette arrivée en D1. L’équipe qui a reçu des renforts de taille ne compte pourtant pas jouer les figurants. Dans le groupe, un international évoluant en Chine subit le même entraînement que les autres. Ibrahima Ba (voir par ailleurs) qui évolue dans le club chinois de Xin Meng est venu prêter main forte à l’équipe qui l’a couvé.
«Comme c’est la trêve hivernale en Chine, je viens donner un coup de main à l’équipe qui m’a formé», explique le joueur entre deux ballons. «Notre ambition, c’est de maintenir l’équipe avec les mo­yens du bord, mais l’appétit vient en mangeant», souligne, Abdou­laye Cissé.

Une victoire sur Mermoz qui motive
Mais l’espoir demeure, car pour sa deuxième rencontre contre Mermoz, Hbc a obtenu sa première victoire. «Un match capital qu’il fallait gagner», indique le coach. Qui rappelle qu’il y a quelques années, le club s’était qualifié pour les play-offs et n’a été sorti qu’en quart de finale. Une performance que Hlm compte bien égaler cette année à défaut de la surpasser. Avec comme objectif : le maintien !
mamewoury@lequotidien.sn

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