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La vallée du fleuve Sénégal, c’est un bassin de 300 000 kilomètres carrés reparti entre 4 pays. Sur cet espace, le potentiel irrigable est estimé à 400 000 ha. Mais aujourd’hui, la pression sur la ressource est de plus en plus importante. Mamadou Fadé est le Secrétaire permanent du réseau des maires du bassin du fleuve Sénégal. Depuis la mauvaise saison hivernale de l’année dernière, le département de Bakel dont il est originaire est devenu un point de transit et d’accueil des transhumants. «La pression sur les ressources est extrêmement forte. L’année dernière, nous n’avons pas eu de pluie et depuis novembre 2017, nous avons commencé à recevoir des transhumants venus des régions nord du Sénégal, a partir de mars, nous avons commencé à avoir le cheptel mauritanien. Nous avons commencé aussi à recevoir le cheptel malien et avec ce qui se passe dans ce pays, les agropasteurs sont en train de migrer vers les zones les plus sécurisées», explique-t-il. C’est pour renforcer davantage le dialogue autour des enjeux et des perspectives de la gouvernance foncière dans le bassin du fleuve Sénégal à l’horizon 2030 que Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), en partenariat avec l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), a initié le projet Gouvernance foncière améliorée pour une prospérité partagée dans le bassin du fleuve Sénégal (Srb). Dans le cadre de ce projet, s’est tenu hier le 3e atelier régional sur les enjeux et les défis de la sécurisation foncière dans le bassin du fleuve Sénégal. «Compte tenu des enjeux de nourrir des populations de plus en plus nombreuses et face à des ressources qui diminuent, nous avons pensé qu’il est important de mettre nos moyens en commun pour faire émerger des propositions. Au delà de la charte de l’eau sur laquelle a travaillé l’Omvs, nous pensons qu’il est possible de co-construire des dynamiques qui vont alimenter les politiques publiques», explique le Dr Cheikh Oumar Ba, directeur exécutif d’Ipar. Le projet qui cible dans un premier temps Podor au Sénégal, Bogué en Mauritanie et Kayes au Mali, a pour objectif d’aboutir à la définition d’une stratégie de mise en place d’une charte foncière voire d’un observatoire foncier. Selon M. Ba, le problème du foncier est un problème d’adaptation. «Cette vallée constitue un premier niveau d’intégration sous régionale. Nous sommes en train de travailler avec les politiques publiques notamment les commissions de réforme foncière. Nous sommes en train de les accompagner pour remonter des innovations et que l’Etat puisse disposer d’outils au niveau national et sous régional», ajoute le Dr Ba.
L’enjeu foncier est intrinsèquement lié à un enjeu de sécurité alimentaire. «C’est tout l’enjeu de la sécurisation foncière des directives volontaires dans le domaine du foncier de la pêche et aussi des forêts. Cette sécurisation foncière permet aussi d’arriver à une sécurité alimentaire parce qu’elle donne accès à l’eau et aux moyens de production», souligne le Représentant de la Fao à Dakar, M. Reda Lebtahi. Le Dr Ba explique que le projet est en train de mettre sur la table des instruments de sécurisation tels que la charte foncière mais aussi des Plans d’occupation du sol (Poas) qui sont des mécanismes dans certains pays. «L’enjeu, c’est que ce qu’on est en train de faire, les innovations qu’on trouve en Guinée par exemple, qu’on puisse les remonter au niveau de la sous région», précise-t-il.
mamewoury@lequotidien.sn

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