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Des défenseurs des droits humains, sous la houlette de Alioune Tine, président du think tank AfrikaJom center, trouvent «scandaleux et révoltant» le silence des chefs d’Etat des pays membres de la Com­munauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union africaine (Ua) face à la persistance de la crise socio-politique au Bénin.

La crise sociopolitique persistante que vit en ce moment le Bénin préoccupe au plus haut point le think tank AfrikaJom center, le Mbdhp, l’Anddh et la Raddho. Et ce, devant le «silence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao et de l’Union africaine». Dans un communiqué intitulé «Restaurer un climat politique apaisé au Bénin» d’hier, ces organisations de défense des droits humains, qui prônent la restauration d’un climat politique apaisé au Bénin, qualifient d’ailleurs ce silence des dirigeants africains de «scandaleux et révoltant» qui «donne l’impression que les Africains considèrent cette grave situation comme une banalité ; pis, qu’ils ont déjà laissé tomber le Bénin».

Pour la levée du siège du domicile de l’ancien Président Yayi Boni
L’ambiance de vives tensions née de l’absence de l’opposition aux dernières Législatives et de la répression de manifestations pacifiques avec ses conséquences (plus d’une dizaine de morts, des dizaines de blessés, en plus de cas d’arrestations et d’emprisonnements de plus de 60 personnes, sans compter les personnes en exil), met «à rude épreuve la sérénité et l’impartialité des institutions de la République». Aussi, AfrikaJom center, le Mbdhp, l’Anddh et la Raddho attirent-ils «l’attention des chefs d’Etat et de gouvernement africains et de toute la communauté internationale sur la situation de vulnérabilité de l’ancien chef de l’Etat béninois, M. Thomas Yayi Boni, dont le domicile est encerclé par les Forces de défense et de sécurité». Ce qui a la particularité, de l’avis de ces membres de la Société civile et défenseurs des droits humains, d’hypothéquer «toute communication libre et un accès régulier à ses proches et à son médecin traitant». Ils ne manquent pas d’exprimer leur forte préoccupation par rapport à «des informations selon lesquelles il (Ndlr : l’ancien Président Yayi) serait interrogé aujourd’hui même (hier) à 15h 30 par un juge».

Appels au Président Talon et au président en exercice de la Cedeao
A la suite de l’analyse de cette situation politico-sociale au Bénin, le think tank AfrikaJom center, le Mbdhp, l’Anddh et la Raddho invitent «à la retenue et à un dialogue franc et constructif» l’ensemble des protagonistes de la crise au Bénin.
Du Président Patrice Talon, ces structures s’attendent à ce qu’il use «des pouvoirs qui lui sont dévolus de par la Constitution, afin de restaurer dans les meilleurs délais le respect des règles et principes de l’Etat de droit et des droits humains qui ont toujours été une marque de fabrique de la démocratie béninoise». Considérant le Président Talon comme chef suprême des Armées, elles l’exhortent «à l’apaisement, en ordonnant la libération des abords du domicile du Président Yayi Boni et en lui garantissant le respect de ses droits humains et constitutionnels, notamment la liberté d’aller et venir, et de mettre immédiatement un terme à toute poursuite judiciaire le concernant».
Le respect des principes de convergence constitutionnelle liant le Bénin au Protocole additionnel de la Cedeao sur la démocratie et la bonne gouvernance de 2001 est une autre une invite faite au chef de l’Etat béninois par Alioune Tine et ses camarades. Ils ont aussi lancé «un appel solennel aux chefs d’Etat et de gouvernement du continent africain et à la communauté internationale à œuvrer pour la restauration d’un climat politique apaisé au Bénin, en vue de lui permettre de faire face, dans la cohésion et l’entente cordiale de ses filles et fils, aux menaces diffuses qui planent sur la sous-région ouest africaine, déjà fortement ébranlée par de multiples attaques de divers groupes terroristes».
Le think tank AfrikaJom center, le Mbdhp, l’Anddh et la Raddho demandent «au Président en exercice de la Cedeao (Ndlr : le Président nigérian Muhammadu Buhari) de faire respecter les principes de convergence constitutionnelle et démocratique de la sous-région».
mdiatta@lequotidien.sn 

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