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Alioune Tine, Directeur du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre d’Amnesty intenational.

Des prisonniers du quartier des condamnés à mort au Benin vivent dans l’incertitude depuis son abolition l’année précédente sans commuer leur condamnation. Face à cette situation, Amnesty international exhorte l’Assemblée nationale du Bénin à adopter les lois requises pour supprimer la peine de mort de la législation nationale. Aussi, demande-t-il la commutation des peines prononcées contre tous les hommes détenus dans le quartier des condamnés.

«Des prisonniers se trouvant dans le quartier des condamnés à mort au Bénin languissent dans l’incertitude après qu’une décision de justice a aboli la peine capitale l’an dernier, mais n’a pas commué leur condamnation», informe Amnesty international dans un communiqué.  Les 14 détenus concernés ont été informés, lit-on, par les autorités carcérales qu’ils ne seront pas exécutés, mais sont toujours incarcérés dans des conditions mauvaises, à l’écart des autres détenus de la prison d’Akrpo-Missérété, près de Porto-Novo, la capitale du Bénin. «Ces hommes ont déjà passé près de 20 ans dans le quartier des condamnés à mort, à se demander si chaque jour sera le dernier ou non»,  regrette Oluwatosin Popoola, conseiller d’Amnesty international sur la peine de mort. «Ils ne savent pas de quoi demain sera fait, et continuent à vivre dans des conditions déplorables, sans bénéficier d’une alimentation suffisante ni de soins médicaux dignes de ce nom», ajoute-t-il. M. Popoola demande ainsi aux autorités béninoises de commuer en toute urgence leur condamnation de manière officielle et de veiller à ce que leurs conditions de détention soient conformes aux règles internationales minima en la manière. «Cela mettrait fin à l’incertitude cruelle dans laquelle vivent ces hommes depuis près de deux décennies, et prouverait la détermination du Bénin à éradiquer les derniers vestiges de la peine capitale dans le pays», dira-t-il. Le document renseigne également que «les contacts qu’entretiennent les prisonniers du quartier des condamnés à mort avec le monde extérieur sont très limités. Il ne leur est permis de sortir de leur cellule que cinq fois par semaine… On ne leur sert que deux maigres repas par jour. Lorsqu’un de ces prisonniers est puni pour mauvaise conduite, ce sont tous les condamnés à mort qui sont enfermés dans leur cellule pendant plusieurs jours, ce qui constitue une sanction collective».
Ces détenus ont été déclarés coupables de diverses infractions, renseigne-t-on, parmi lesquelles des vols à main armée et des agressions, «qui ne répondent pas à la définition des  crimes les plus graves, seule catégorie pour laquelle la peine de mort peut être imposée aux termes du droit international».
Par ailleurs, l’on  informe que beaucoup de ces hommes ont déclaré qu’ils n’avaient pas été en mesure de contester efficacement leur condamnation, parce qu’ils ne pouvaient pas s’offrir les services d’un avocat ou qu’on ne leur avait jamais fait part de l’issue des recours qu’ils avaient formés. De ce fait, Amnesty demande aux autorités devait veiller à ce qu’ils bénéficient d’une assistance judiciaire afin de poursuivre tout recours en suspens ou de solliciter une révision judiciaire.
On indique par ailleurs que ces prisonniers «avaient souffert de maladies ayant mis leur vie en danger, notamment de paludisme et de tuberculose, et que trois d’entre eux étaient décédés en raison de l’insuffisance des soins médicaux prodigués lorsqu’ils étaient à la prison de Cotonou, avant leur transfert à la prison d’Akrpo-Missérété en 2010».
Outre la commutation des peines prononcées contre tous les hommes détenus dans le quartier des condamnés à mort, dit-on, «Amnesty international exhorte l’Assemblée nationale du Bénin à adopter les lois requises pour supprimer la peine de mort de la législation nationale».
Stagiaire

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