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Aux échos de vos camarades du Pds annonçant ton retour au Sénégal, nous vous souhaitons la bienvenue après avoir bénéficié de la grâce de celui que ton père a voulu toujours humilier pour la simple raison qu’il vous a convié à expliquer votre gestion devant la Représentation nationale. Votre père a raté ce grand test de transparence et de bonne gouvernance en te soustrayant à cet exercice devant nos députés. Si maître Wade avait laissé faire, quelle que soit l’issue de votre passage, il serait crédité de partisan de la bonne gouvernance, de la transparence et grand protecteur des biens publics. Malheureu­sement ce protectionnisme sans borne du père s’est transformé en haine vis-à-vis de Macky Sall à l’époque président de l’Assemblée nationale, qui n’avait pas compris que le «Pape du Sopi» était plus démocratique par la théorie que par la pratique. Dans son projet de vouer Macky aux gémonies et dans les abîmes de l’enfer, votre père n’a écouté personne. Il a plutôt été sourd aux appels de tous les chefs religieux dans le sens de la clémence. En fin de compte, il a assouvi son dessein injuste. Macky ayant compris comme Clémenceau que «l’honneur c’est comme la virginité, ça ne sert qu’une fois», a rendu tout ce qu’il devait à celui qui présidait aux destinées de ce pays. Et contrairement à vous, Macky Sall a compris à l’époque que la réussite en général et même politique en particulier, est une conquête personnelle. Avec des amis et Sénégalais acquis à sa cause, le Président fonde l’Alliance pour la République (Apr) et investit les coins les plus reculés du pays ; le résultat a été probant, il défait votre père et devient le locataire du Palais Roume.
Le procès qui vous a condamné a suscité les controverses aux fortunes les plus diverses comme dans l’affaire Dreyfus : karimistes et antikarimistes selon les états d’âme qui n’ont jamais lié les acteurs de la justice dans le rendu de la décision qui vous a condamné. Votre retour est annoncé pour la énième fois, je crains que vous ne soyez aveuglé par les grandes et multiples performances du successeur de votre père.

Des avantages comparatifs
L’homme aux origines modestes (la méchanceté est la dernière joie d’un aigri) est en train d’être le Hausman de son pays, tellement l’audace de ses choix en matière infrastructurelle et de politique sociale a fini de convaincre ceux qui s’entêtaient à croire au génie et à la vivacité d’esprit de celui à qui votre père avait promis le purgatoire. Heureusement, l’Homme propose, mais Dieu dispose et n’a pas exaucé la volonté du chantre de la seconde alternance.
Au coupet de votre avion de retour, l’aéroport Blaise Diagne vous rappellera que ce chantier qui a souffert d’un mauvais montage financier, est achevé, inauguré et mis en service par le Président Macky Sall.
A quelques encablures de ce bijou, la ville nouvelle de Diamniadio avec ses équipements high Tech et ses infrastructures dignes des pays très avancés, fera dissiper de votre esprit et de celui de vos affidés l’idée selon laquelle votre père est irremplaçable. Pour rappel, maître Wade disait qu’il ne croyait pas au projet de Diamniadio après des études d’un coût de plus de 6 milliards.
Je reconnais très honnêtement à Wade d’être ce Président décomplexé par rapport aux pays puissants d’Europe et d’Amérique, d’avoir varié les pôles de la coopération entre notre pays et le reste du monde, même si en matière de relations internationales l’épisode libyen ayant entraîné le lâche assassinat de Kadhafi n’est pas pour blanchir le chef des Libéraux qu’on taxait d’accointance avec Sarkozy pour faire connaître au Président libyen ce destin funèbre.
Bref, cette parenthèse libyenne suffisait pour rappeler les incongruités de celui qui a longtemps théorisé le panafricanisme et qu’on soupçonne d’être de mèche avec les assassins du guide libyen. Vrai ou faux, je donne ma langue au chat. L’Aréna, complexe de dernière génération, témoigne de l’attachement du successeur du père de Sindiély, à la jeunesse de son pays pour qui il rêve d’une destinée sportive prospère ; une infrastructure qui stimule leur volonté d’être parmi les meilleurs d’Afrique et du monde. Pour avoir beaucoup voyagé, vous vous rendez compte que notre Aréna est digne des salles du Nba, rêve de tout pratiquant du ballon orange. Le Centre international Abdou Diouf montre l’esprit d’anticipation du Président Macky Sall qui veut prédestiner le Sénégal comme le lieu devant abriter les plus grandes rencontres d’Afrique et du monde. La liste des rencontres que ce centre a abritées montre la justesse du choix d’une pareille infrastructure contestée par des nihilistes à courte vue. En matière de politique sociale, le Président Sall a fait mieux que son prédécesseur, la couverture maladie universelle a soulagé des couches toujours ignorées par le libéral en chef et son gouvernement, la gratuité de la césarienne et de la dialyse a sauvé beaucoup de patients que le caractère censitaire de ces deux offres réduisait les chances de survie. Décidé­ment Gorou Marème a vu plus large que Koor Viviane.

Une réelle transformation structurelle du monde rural
Le climax (comme disent les anglais) de la politique de Macky, est ce nouveau visage qu’il a imprimé au monde rural. Longtemps pris pour du bétail électoral par tous les présidents qui sont passés, le monde rural a connu son sursaut et son vrai décollage avec le républicain Macky ; les forages à foison abreuvant un grand nombre de villages et agglomérations jadis assoiffés par les régimes antérieurs, les pistes rurales en grande quantité ont grandement contribué à la desserte et facilité le déplacement des ruraux et de leurs produits. Des contrées jadis enclavées sont facilement accessibles facilitant les échanges intercommunautaires que l’enclavement bloquait. Le prix de l’arachide atteint aujourd’hui 210 francs Cfa dépassant le cours mondial qui est en deçà même s’il y a quelques errements (c’est dans la nature des choses) constatés dans la commercialisation, lesquels errements seront corrigés pendant cette campagne. Le programme d’urgence de développement communautaire déroulé par un homme teigneux, intelligent et calme, loyal et attentif (Souley­mane Jules Diop) acteur distingué de la seconde alternance, victime de la violence du régime de Wade, ce programme a accru le capital de sympathie et de confiance de ses bénéficiaires vis-à-vis du candidat à un second mandat. Au moment où père Wade incite à la violence pour la candidature de Karim, notre Président déroule un programme d’inauguration à différents endroits du pays ; il faut du génie pour réussir tout cela.
Les penchants belliqueux de Abdoulaye Wade montrent à suffisance qu’il met son fils au-dessus du pays et en cela suivi par des vassaux qui pensent que sans Karim ils ne sont rien. Quel manque de discernement et de liberté que d’accepter de se faire tuer à l’amusement d’un homme, fut-il fils d’un ancien Président rêvant de faire connaître le même sort à son rejeton. C’est une lâcheté gratuite que de jeter en pâture des militants dont la cause pour laquelle ils sont engagés au combat, est à Doha en peinard épicurien et qui n’a que le WhatsApp comme tout lien de contact. Dommage qu’il ne faut point esprit pour être homme de guerre, rappelait Honoré de Balzac, Karim ne mérite que le moindre Sénégalais donne sa vie, lui qui n’a aucun apport à l’approfondissement de la démocratie de ce pays encore moins à sa stabilité. Karim est le responsable des déboires du parti de son père, puisqu’il veut vaincre sans péril, oubliant que le combat pour sa cause ne se délègue pas. A l’inventaire de toutes les entreprises du Pds, Karim ne peut exhiber la moindre part et si aujourd’hui il veut récolter des dividendes, cela s’appelle usurpation. Il faut être vraiment dingue ou toqué pour accepter de se sacrifier pour Karim, et je m’explique très difficilement l’engagement et la hargne d’un maître Mamadou Sall (lucide et pertinent dans la réflexion) à défendre la cause Karim, bref ministre de la Justice qu’il était, sa distance vis à vis de la Génération du concret l’a projeté à la périphérie du parti et de l’Etat au moment où de minables responsables de son parti étaient toujours promus ministre. Dieu sait, personne dans le Pds n’égale cet avocat, en intelligence, en loyauté et en engagement.
Dans les différents gouvernements de Wade, le critère de choix aux grandes responsabilités n’étaient pas objectifs, c’était plutôt la redevabilité et au degré d’allégeance à ce gosse comme parlait Souleymane Ndéné Ndiaye.
«Sage est le père qui connaît son enfant», professait William Shakespeare, le «pape du Sopi» ne comprend pas jusqu’ici les limites de son fils qu’il a trop pouponné. Le père a fait rater au fils ses premiers pas dont devait dépendre le reste de sa vie.
Aussitôt descendu de l’avion, l’éclat de foyers lumineux de la capitale comme du reste du pays et surtout du monde rural, risque de vous aveugler et vous prouvera que le plan Takal n’a pas été une panacée. Avec le Pse, nos villages sont mieux éclairés faisant passer le taux de couverture de 20,3% à plus de 40,6%. Les subventions aux producteurs ont boosté les différentes productions et le pays n’est pas loin de l’autosuffisance alimentaire.
Cerise sur le gâteau, en matière d’autoroute, la vision de Mame Wade n’a pas dépassé Diamniadio, quelque 32 Km de route. Avec Macky, Ila Touba bat le record et le Magal de Touba qui était une odyssée, peut se faire en moins de deux heures pour tous ceux qui se situent dans l’axe Dakar-Touba.
Le Train Express Régional (Ter) est une révolution du transport interurbain, il pourra soulager les populations des contraintes de déplacement et de circulation. Tu risques de solliciter un guide tellement le Pse a changé la physionomie de la région de Dakar. Le Programme d’urgence de modernisation des axes frontaliers (Puma) a renforcé ce sentiment d’appartenance au pays de beaucoup de populations qui se sentaient exclues et se tournaient vers les villes du Mali, de la Guinée, de la Gambie ou de la Mauritanie pour satisfaire certains besoins. Des postes avancés de police, des écoles, des structures sanitaires et des services sociaux de base alimentent le décor de beaucoup de localités ignorées de toutes les politiques de Wade. Dire aux cibles du Puma que le bilan du Président Macky Sall est négatif revient à nier l’apparition du soleil en plein midi, et cela discrédite tout acteur d’un pareil discours.

La candidature qui éclate le Pds
Le phénomène Karim explique la descente aux enfers du parti libéral ; de la Génération du concret, au projet de dévolution monarchique, chacune de ses étapes a rendu exsangue le Pds. Les départs en cascade de cadres authentiques acteurs de tous les combats frôlant parfois la mort et enjambant les périls les plus divers, hypothéquant parfois emplois et business sont les véritables signes prémonitoires de l’éclatement du parti de maître Wade.
Ce jusqu’au-boutisme de mauvais aloi laisse échapper quelques signes de sénilité suffisants pour dire au chef des Libéraux que le rubicond est en train d’être franchi en sens inverse, et ceux qui acceptent d’être des moutons de Panurge payeront leur aventure chère. L’influence du père de Karim sur les Sénégalais a fortement baissé pour les mobiliser dans un combat aux issues incertaines.
Abdoulaye Wade refuse de considérer les cadres libéraux comme ses égaux s’il continue à croire que seul son fils est le seul qui puisse le remplacer à la tête du parti ; avec maître Wade il faut savoir le résister et le recadrer et c’est tout le mérite de Idrissa Seck durant tout son compagnonnage avec le père de Karim. Même si feu Bongo, feu Eyadema ont inspiré Wade, ce dernier doit reconnaître tout de même que le modèle démocratique en cours chez nous ne permet pas certaines pratiques monarchiques maquil­lées par une pseudo légalité que le plus sot des sots arrive à vite comprendre. L’épisode Karim ne doit pas désagréger le Pds qui s’est construit sans aucun apport de celui qui veut être aujourd’hui son porte-étendard, ceci n’est pas juste et constitue même une trahison de l’idéal libéral. A l’état actuel des choses, le Pds n’a pas les moyens de porter le combat auquel son mentor le convie ; les kamikazes d’hier ne sont plus acquis à la cause de Wade ou de son fils et ceux qui s’agitent le font pour bénéficier des largesses de Karim qui croit naïvement que le projet de son père peut aboutir.
Les appels à l’insurrection du père et les consignes de mobilisation du fils se heurtent à la sourde oreille des acteurs du jeu politique plus réceptifs à un Sonko qu’à un Karim plus épicurien qu’homme politique. Sonko ne doit pas sa légitimé et son ascension politique à un quelconque père, il a très tôt compris comme Balzac que «pour accéder à de hautes places ce sont deux choses : il faut être aigle ou reptile». Le Président Macky Sall a acquis par son propre mérite son titre de père de la Nation ; la réussite ne se décrète pas et ne se délègue pas non plus, elle est une quête personnelle au prix d’innombrables sacrifices que Karim n’a pas voulu consentir. Epargnez à votre père cette aventure sans issue ; les forces qui n’ont pas empêché votre condamnation ne pourront pas vous épargner la prison à votre retour car la grâce n’efface pas la réparation. Si ton père pense que le Peuple sénégalais répondra à ses appels insurrectionnels, il se trompe lourdement. A part quelques militants dans Wax sa xalat, Karim n’est plus le centre d’intérêt des Sénégalais. Décidé­ment, le fils de Wade a été mal préparé à la conquête du pouvoir et le seul responsable est son père et personne d’autre. Le plan B dont Abdoulaye Wade ne veut pas enten­dre parler est peut-être la seule option qui sauve le Pds de l’éclatement.
Akhlane wa Sakhlane Karim mais sachez que notre Macky est en train de répandre le bon grain et à force de le faire, sa semence a fini par tomber dans des sillons fertiles rendant possibles les réalisations que vous verrez à votre arrivée.
Ibrahima KA – Administrateur adjoint de la Rampe
Militant Apr Yoff Mbenguéne – Ibrahimaka56@gmail.com

1 COMMENTAIRE

  1. N’oublier surtout pas Mme Wade qui à la base de tout, la vraie instriguante des péripeties de Karime l’enfant gaté de sa mére (ta maman m’a dit que tu bien travallé) de quoi je me mele

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