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Le maire de Djignaky, commune frontalière à la Gambie, ne veut pas d’une intervention militaire pour déloger Jammeh. Moustapha Lô Diatta craint que ses concitoyens en subissent les conséquences et qu’il y ait un flux massif de réfugiés.

La commune de Djignaky, une commune de l’arrondissement de Kataba I frontalière à la Gambie, vit sous la hantise des conséquences d’une éventuelle intervention militaire contre Jammeh. Son maire, Moustapha Lô Diatta a exprimé ses  inquiétudes, le weekend dernier, en marge de la finale de la 3ème édition dont il est le parrain, organisé à Diouloulou. «La Casamance connaît ce qu’est un conflit, ce qu’est la guerre. C’est pourquoi nous ne souhaitons pas une situation de guerre en Gambie», a dit M. Diatta. Il ajoute : «Nous n’avons pas intérêt qu’il en soit autrement. C’est pourquoi nous prions Dieu pour que le Président Yahya Jammeh puisse organiser la transition démocratique en cours et que le vainqueur des élections, Adama Barrow, puisse être investi dans ses fonctions.»
Si le Secrétaire d’Etat aux organisations paysannes dit être «en phase» avec la position du gouvernement du Sénégal, il estime, en revanche, qu’en tant que maire de Djignaky dans cette partie Sud de la Casamance frontalière à la Gambie, et à l’instar de ses concitoyens, il doit plaider pour la paix. Car, avertit-il, la solution militaire pourrait occasionner «un afflux de réfugiés en Casa­mance». Moustapha Lô Diatta exhorte donc les populations locales à rester calme, serein.  «Nous avons, au Séné­gal, surmonté des crises. Il n’y a pas donc de raison que la Gam­bie, qui a connu un sursaut démocratique assez respectable, ne fasse pas autant», a-t-il indiqué.

 «L’émergence à l’horizon 2035 sera une réalité en Casamance»
Sur la situation nationale, Moustapha Lô Diatta invite les populations et notamment les jeunes de la Casamance à «garder l’espoir, car le pays est en train de bouger». Certes, souligne-t-il, «avec la crise, l’économie a dégringolé et les populations ont longtemps souffert, mais avec les projets du président de la République Mac­ky Sall, les choses sont en train de changer en Casa­mance». Il cite les «nombreuses réalisations qui seront effectives au courant de l’année 2017 dans la région de Ziguinchor et dans son arrondissement, Kataba I». Il s’agit des ponts de Diouloulou et de Baïla dans le département de Bignona, la construction du 2ème pont Emile Badiane à Ziguinchor, le début d’exécution de la Boucle des Kalounayes, la réhabilitation de l’axe Ziguin­chor-Sénoba et de la Boucle du Buluf, entre autres. A ce rythme, dit-il, «l’émergence attendue à l’horizon 2035 sera une réalité en Casamance».

imane@lequotidien.sn

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