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Le retour définitif des populations au bercail, après plusieurs années d’exil, est devenu une réalité dans le nord Sindian, tout comme la libre circulation des personnes et des biens qui est à nouveau devenue la règle dans cette contrée du Fogny jadis réputée zone de non-droits. Une dynamique manifestée à travers un panel sur la paix et le développement organisé le week-end dernier à Dialankine et qui a mobilisé l’association des villages du Dioub d’Oussouforale composée de 18 villages des communes de Sindian, d’Oulampane et de Djibidione, arrondissement de Sindian. Une contrée où les communautés vivent aujourd’hui en parfaite harmonie avec en bandoulière la paix, la stabilité et la cohésion sociale, gages de développement.

Il s’est agi d’une rencontre culturelle de partage et de sensibilisation sur la paix et le développement organisée pendant trois jours à Dialankine, localité de la commune d’Oulampane, arrondissement de Sindian, située à une dizaine de Kilomètres de Kanilaye en Gambie voisine. Une grande mobilisation citoyenne rendue possible grâce à une vaste opération de sensibilisation et de plaidoyer menée au préalable par le projet Alwili II porté par le Catholic Relief Service (Crs) en collaboration avec Caritas et la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (Pfpc) à travers 18 villages du Fogny. Tels, entre autres, Bouyème, leufeu, Boulayotte, Ougonor, Kareu­noye, Bassene mandouar, Kan­tim­ba, Tampinda, Mambigné kantapor, Mararan…Des villages de trois communes de l’arrondissement de Sindian qui ont beaucoup souffert des problèmes liés au conflit en Casamance qui a négativement impacté les besoins nécessaires de subsistance des populations locales. Et des populations impactées par plusieurs décennies de conflit armé qui vont toutefois bénéficier d’accompagnement ; et ce depuis 2013, grâce d’abord au projet Scope, puis Alwili I et aujourd’hui le projet Alwili II démarré en octobre 2019 et qui va prendre fin en septembre 2022.
Ce projet Usaid/Alwili II, lancé à Nyassia, en même temps que les projets Elagnoul III et le Prm conduit par Shelter For Life, vise à la jouissance d’un plus grand bien-être et d’une paix durable au profit des communautés bénéficiaires comme celles du Fogny ; via la sécurisation de leur environnement, la satisfaction des besoins en eau et assainissement et la protection des couches les plus vulnérables. Et aussi dans le cadre du renforcement de la cohésion sociale, ce projet a ainsi apporté des solutions notamment au niveau des 18 villages du Dioub d’Oussouforale où il promeut la paix et la stabilité sociale. Une démarche à l’actif du Catholic relief service (Crs) et ses partenaires financés par l’Usaid et qui s’activent pour permettre à ces communautés, longtemps en proie au conflit armé, de résoudre leurs différends, de favoriser l’engagement communautaire, de mettre en œuvre des activités génératrices de revenus et de renforcer la cohésion sociale. Un grand pas supplémentaire pour une paix définitive en Casa­man­ce qu’entendent consolider et pérenniser les villages du Dioub Oussouforale dans le Fogny.
La paix et cohésion sociale : maîtres-mots dans le Fogny
Et cet engagement, cette volonté de vie commune a pris les 9, 10 et 11 octobre derniers, les contours d’une vaste mobilisation citoyenne au niveau de la localité de Dialankine prise d’assaut par les natifs de cette contrée du Fogny venus de Dakar, de la Gambie, de la diaspora et des autres localités de la région. Un panel sur la paix et le développement animé par le journaliste, Amady Khalil Diémé, et dont le but est de contribuer à la promotion de la culture, de la paix et du développement de la zone. Et ce, dans le cadre de la 1ère édition sur la lutte pour la consolidation de la paix et le développement de la zone portée par l’Association des villages du Dioub d’Oussoforale. Une cérémonie qui, pour le président de ladite association, constitue une opportunité de partager des idées qui doivent leur servir en tant qu’acteurs de la paix et du développement. Et pour y arriver, Ansoumana Diémé a prôné l’engagement multiforme de toutes et de tous et qui est, selon lui, indispensable. Tout comme, espère-t-il, la volonté ferme de la population, les autorités locales et nationales ainsi que les partenaires mus par le développement de la zone ; un développement indispensable, note-t-il, pour la stabilisation et la consolidation de la paix dans le Fogny. Suffisant également pour le natif de Kandiadiou, localité située à 3 km de la frontière gambienne, de lister les maux qui plombent l’émergence du Fogny et qui ont pour noms : enclavement, absence de réseau téléphonique, manque d’eau et d’électricité, d’intrants agricoles, absence d’infrastructures socioéconomiques de base, etc. «C’est pourquoi nous invitons tous à une réflexion et à une vision plus globale du développement en renforçant la dynamique de cohésion sociale dans la zone», plaide le président des 18 villages du Dioub Oussouforale ; tout en espérant en outre que cette association soit une actrice de développement communautaire et de consolidation de la paix.
Même son cloche de la porte-parole des femmes de l’Asso­cia­tion du Dioub Oussoforale, Faye Diédhiou. Cette dernière, qui a magnifié cette rencontre, a toutefois beaucoup insisté sur les dures conditions d’existence de la gent féminine. Ces femmes du Fogny qui n’ont aucune activité génératrices de revenus et qui sont les premières victimes de cet enclavement qui, selon elle, les oblige à faire souvent des km à pied, en moto, ou en charrette ; et ce pour la prise en charge des questions sanitaires, faute de pistes adéquates, de moyens de transport, de cases ou postes de santé au niveau de leur terroir, s’insurge-telle.

Crs et partenaires en 1ère ligne pour la paix et le développement dans le Fogny
Un plaidoyer des populations également porté par le Catholic relief Service (Crs) qui a d’ailleurs facilité cette rencontre qui a mobilisé ces 18 villages. Une manière, selon le chargé du Projet Alwili II au Crs, de venir répondre à l’appel de ces communautés du Fogny pour les écouter et pour voir ce qui est possible de faire ensemble dans l’avenir. Louis Michel Atendeng Badji pour qui le Crs, Caritas et la Pfpc, par leur participation à ce panel, entendent ainsi jouer leur partition pour la consolidation de la paix dans le Fogny et enclencher, du coup, le processus de développement de cette contrée. Des projets qui œuvrent, à l’en croire, au renforcement de la cohésion sociale au niveau communautaire. Et ce, aussi bien au sein des familles qu’au niveau des villages et entre les villages, dit-il. «Le Crs a aussi saisi cette opportunité pour marquer à nouveau sa présence et montrer l’importance qu’il accorde à la cohésion sociale. Pour la bonne et simple raison qu’on ne peut parler de développement sans la paix», soutient Louis M. A. Badji. Et face aux plaintes et complaintes soulevées par les communautés locales au cours de ce panel et qui anéantissent tout effort de développement, le chargé de projet au Crs a exhorté ces dernières, en guise de recommandations, à s’inscrire dans cette dynamique de plaidoyer auprès des autorités pour la prise en charge de leurs préoccupations ; et ce, en termes, souligne-t-il, d’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé et à l’éducation. «C’est le premier devoir de l’Etat qui doit faire ce travail là ; reste pour le Crs de saisir des opportunités pour les populations dans le cadre du renforcement de la consolidation de la paix, et à travers des projets connecteurs», a-t-il indiqué face à la presse. Louis M. A. Badji pour qui il s’agit d’organiser les communautés à créer des banques locales afin de leur permettre de se consacrer dans des activités génératrices de revenus. Et les projets Alwili et Elagnoul interviennent, poursuit-il, dans cette zone pour appuyer les populations dans la reconstruction de leurs localités et développer des activités pour améliorer leurs dures conditions de vie. «Et depuis le démarrage de ces projets, les communautés ne cessent de nous interpeller sur la continuité de ce projet qui a un très grand intérêt pour elles», martèle-t-il.
Le responsable du Crs, qui estime en outre que la promotion de l’hygiène, de la bonne gouvernance, le renforcement de la cohésion sociale, etc. ainsi que l’approche peace-building, sont aussi des thématiques qui sont mises en branle dans la zone du Fogny pour sensibiliser les populations par rapport à leur bien-être.

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