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Un sage parlant au nom des populations locales.

Comment arriver à une paix définitive en Casamance ? C’est pour étudier cette question qu’une équipe du Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (Grpc), conduite par le ministre d’Etat Robert Sagna, a été conviée à une plénière ce dimanche à Brikamanding I avec les populations de la Zone des palmiers et des combattants du front nord. Une rencontre axée sur le retour définitif de la paix en Casamance et la construction de pistes de production pour désenclaver cette zone dépourvue d’infrastructures sociales de base ; une zone jadis réputée rebelle à cause du foisonnement de sanctuaires de combattants d’Atika.

La Zone des palmiers ! Un lieu qui abrite la base rebelle de Diacaye et qui a fait régulièrement, au plus fort du conflit, la Une des journaux, mais jamais pour de bonnes raisons. Et c’est ici que populations locales, société civile et combattants du Mfdc ont convié ce dimanche le Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (Grpc) pour discuter sur les questions de paix et de développement. Des assises présidées par le ministre d’Etat Robert Sagna, coordonnateur du Grpc, et qui ont constitué de grands moments de réflexion mis à profit par ces communautés pour brandir une palette de contraintes multiformes qui entravent le développement de cette zone territoire du Fogny, jadis épicentre des affrontements armés en Casamance et qui aujourd’hui aspire plus que jamais à l’émergence. Toute chose contrecarrée par une situation due à une piste qui sépare la Zone des palmiers de la Rn 5. Une piste impraticable, cahoteuse qui accentue les souffrances de ces populations enclavées vivant dans la misère et le désespoir. Normal donc si au menu de ces assises entre le Grpc, les populations de la Zone des palmiers, les combattants et la société civile figuraient en bonne place la paix et la question des routes. Deux questions qui constituent les cris de désespoir émanant des populations locales et qui, pour le ministre d’Etat Robert Sagna, trouvent toute leur justification devant l’ampleur des urgences.
Seulement pour le coordonnateur du Grpc, il s’agit aujourd’hui de trouver une voie commune pour que le développement puisse accompagner le processus de paix. Et faire comprendre également aux combattants du maquis que le développement est l’autre nom de la paix. «La route, elle, sert à tout le monde aujourd’hui comme demain. Par conséquent, il ne saurait y avoir de prescriptions ou de restrictions particulières pour que cette route ne profite qu’à une partie seulement de la population. Elle doit profiter à l’ensemble et à eux-mêmes», a-t-il d’ailleurs martelé face à la presse en marge de ces assises.

La voie de la paix est plus qu’ouverte
Et pour le ministre d’Etat Robert Sagna, ces assises constituent la preuve de la détermination d’un terroir qui veut plus que jamais se départir des stigmates d’un conflit armé qui n’a que trop duré ; un terroir qui entend réaffirmer, du coup, sa sénégalité tout en  martelant à l’endroit de tous ceux qui en doutent encore que la paix est bien réelle dans ces contrées du Fogny longtemps réputées zone de non-droit. «Tout le monde veut aller à la paix, toutes les catégories sociales aspirent à la paix et cela est fondamental. Et le maître mot est le même : la paix, la paix, la paix. Cela est encourageant et c’est rassurant», souligne Robert Sagna. Pour qui, il y a quelque temps, venir ici constituait un véritable problème. Et de magnifier cette démarche des combattants du Mfdc du front nord qui ont accepté de leur propre gré de venir participer à ce conclave et de rencontrer en particulier le Grpc pour échanger avec lui sur les voies et moyens pour arriver à un dialogue et à une table de négociations. «Et puisque le Président Macky Sall s’est montré ouvert et n’a pas de préalable à ces discussions, il faut donc que le Mfdc puisse en premier lieu s’accorder sur un certain nombre de choses, en particulier sur leur propre unité de manière à pouvoir faciliter ces négociations, car je ne vois pas comment on peut aller à des négociations en ordre dispersé», dixit Robert Sagna, coordonnateur du Grpc, qui s’est en outre réjoui de l’unité scellée par les trois cantonnements du maquis sur les quatre que compte le Mfdc.

Un engagement du maquis qui a valeur de serment
Et c’est d’ailleurs fort de leur détermination à aller vers la paix que les notables, hommes et femmes, les jeunes, mais tout particulièrement les combattants du Mfdc du front nord ont eu tour à tour des séances de travail avec le Grpc et Robert Sagna en marge de ces assises. Une séance avec la branche armée d’Atika que le ministre d’Etat juge extrêmement fructueuse et rassurante pour l’avenir, car pour Robert Sagna, le maquis a pris l’engagement de tout faire pour que l’accalmie que nous connaissons soit maintenue et qu’elle ne soit pas troublée. Seulement, poursuit-il, les combattants disent n’accepter aucune provocation d’où qu’elle vienne. En outre, le patron du Grpc estime que ces derniers ont aussi pris l’engagement de rencontrer les chefs de village de la Zone des palmiers pour discuter des projets de construction de pistes ou d’ouverture de routes fermées de manière à trouver des solutions. «Ils ont également demandé à ce que de notre côté nous puissions faire ce que nous pouvons pour ne pas susciter des suspicions, de la méfiance, des doutes qui, souvent, sont à l’origine d’incidents non souhaités. Cela est très rassurant», martèle Robert Sagna. Et pour rester dans cette dynamique, le maquis a également demandé, selon lui, au Grpc de revenir pour pouvoir engager des discussions plus approfondies qui permettraient de consolider les acquis, notamment l’unité du Mfdc. «Ils nous ont demandé de faire ce que nous pouvons également pour appuyer ces efforts de réconciliation qui sont en cours, mais qu’eux aussi sont tout à fait ouverts au dialogue non seulement avec les populations, mais également avec leurs compagnons de combat de manière à ce que très rapidement nous puissions aller vers une solution de négociation», renseigne le maire honoraire de Ziguinchor, Robert Sagna, devant qui les combattants du Mfdc ont réitéré leur ferme détermination de ne pas reculer devant cette volonté d’unité. «Ils disent qu’ils vont tout faire pour que l’étape déjà franchie, autrement dit l’unité des trois cantonnements du maquis, fasse son chemin et que les jours à venir qu’ils puissent arriver à une unité totale qui leur permettra d’engager les assises inter-Mfdc au bout desquelles des négociations pourraient être entamées», a-t-il souligné. Pour Robert Sagna, il s’agit aujourd’hui de renforcer l’accalmie notée ces dernières années au niveau de cette zone, mais également d’ouvrir des voies de dialogue qui permettraient dans un bref délai de trouver les voies et moyens pour sortir de ces difficultés.

imane@lequotidien.sn

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