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Retour sur le Cham­pionnat d’Afrique des nations (Chan), remporté, dimanche à domicile, par le Maroc, facile vainqueur du Nigeria (4-0). Lequipe.fr dresse le bilan de cette édition 2018.

Le Maroc au top
Les Lions de l’Atlas ont assumé leur statut de favoris. Ils ont ouvert et fermé leur parcours sur le même score contre la Mauritanie et le Nigeria (4-0). Il y avait trop de talents dans ce groupe pour l’adversité rencontrée. Dans la foulée de leur victoire en C1 africaine avec le Wydad Casablanca, les Marocains ont étendu leur domination sur leur terre d’Afrique.
L’avantage du terrain, du public, a ajouté à la puissance des locaux. Au final, le Maroc a terminé avec cinq victoires, un nul (contre le Soudan, 0-0, lors de la dernière sortie de poule alors qu’il était déjà qualifié), la meilleure attaque (16 buts) et la meilleure défense (2 encaissés) de l’épreuve.
Et alors qu’ils auraient pu, comme en demies contre la Libye (3-1 a.p.), être légèrement tétanisés par la pression, les Lions ont marché en finale sur les Nigérians à l’image de l’intenable Hadraf, le premier buteur de la soirée, ou de Ayoub El Kaabi, élu meilleur joueur du tournoi.

Ayoub El Kaabi, le phénomène
En claquant neuf buts, Ayoub El Kaabi a poussé les portes de la sélection de Hervé Renard pour les matchs amicaux de mars. Sera-t-il de l’aventure en Russie ? C’est la question que tout le monde se pose tant son ascension fulgurante dessine la trajectoire d’un phénomène. El Kaabi a déjà 24 ans, l’âge de Didier Drogba au moment de son arrivée en L1…, et seulement une année, à peine, de professionnalisme derrière lui.
Issu d’une famille très pauvre, il évoluait au Chaab en amateur avant de rejoindre le Racing de Casa­blan­ca en D2 en 2016. Ses 25 buts ont ensuite permis au Racing de rejoindre l’élite l’année de son centenaire. Le voilà maintenant à Berkane dans le fief de Fouzi Lekjaa, le président de la fédération.
Qu’a-t-il montré durant ce Chan ? Tout ou presque. Il a marqué des deux pieds, de la tête, s’est montré à la fois participatif, intelligent dans ses déplacements et techniquement pas malhabile. Il a même vu ses deux bicyclettes en finale percuter les montants !
Peut-il détruire des défenses plus fortes, plus intransigeantes, se sortir de marquages plus serrés ? C’est l’une des interrogations qui entourent son avenir alors qu’il n’a jamais été formé, qu’il débute tout juste au plus niveau. On aimerait bien en voir (et savoir) plus tant il a impressionné. Les Egyptiens sont déjà à l’affût comme certains clubs français bien représentés au Maroc…

Organisation parfaite, niveau faible
En termes d’organisation, le Maroc a montré son savoir-faire. Il n’y a pas eu d’accrocs et les affluences ont été bonnes. L’engouement autour de l’équipe nationale du Maroc a évidemment entraîné un effet positif. Mais le niveau technique a été faible à l’image de la Côte d’Ivoire ou du Cameroun, sortis après deux matchs.
On attendait David Eto’o et Fonsinho, les frères de Samuel et Gervinho : ils ont été transparents ou presque. Le Soudan et la Libye, avec des équipes proches des A, ont surnagé mais sans briller pour autant. Les révélations ont été rares et il est temps pour la Caf de modifier son règlement.

Un Chan à modifier
Pour rappel : les joueurs doivent évoluer dans les championnats des pays qualifiés pour être sélectionnés. Cela prive les nations de certaines stars ayant exporté leur talent, ailleurs, sur le continent. Ainsi, l’Ouganda se serait plus passionné pour l’épreuve si Denis Onyango, le gardien des Mamelodi Sundowns en Afsud, avait été présent.
Il faut étendre le choix des hommes à toute l’Afrique. Le Chan gagnerait en qualité et en popularité. C’est la nouvelle étape que doit passer un tournoi qui s’est parfaitement installé dans le paysage.

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