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Il avait sans doute très bien préparé ses réponses et a répondu de manière très calme à toutes les questions, même celles qui semblaient gênantes pour lui. Malheureusement, toutes les questions économiques n’ont pas été posées à Macky Sall.

Le Président Macky Sall a été incollable avant-hier devant les journalistes sur les questions portant sur son bilan économique. Et comme pour le moment l’économie est à la base des orientations politiques du pays, on pourrait tout aussi dire que Macky maîtrisait parfaitement les questions liées à sa politique, au point de claironner plusieurs fois que tout va bien sur le plan économique au Sénégal. Cela, sans éluder les questions polémiques, et en y répondant à sa manière, qui parfois pourrait passer pour abrupte.
Le coût du Ter, la répartition des ressources du gaz entre le Sénégal et la Mauritanie, l’attribution d’un bloc de recherche à Total qui a entraîné la destitution/démission d’un ministre de l’Energie, le niveau d’endettement du pays, ou le taux de croissance, à toutes ces questions Macky Sall a apporté des réponses. Et pour ceux qui suivent les choses de l’économie, ses réponses ne pouvaient prêter matière à controverse. D’ailleurs, lui-même, sur certains points, ne cessait de répéter : «C’est scientifique, ce n’est pas juste des déclarations en l’air.»
Il faut sans doute croire que le coût annoncé par le président de la République du Train express régional (Ter), à savoir 568 milliards, avec un avenant de 15%, et un supplément de 50 milliards de Cfa pour le dédommagement des impactés, ne satisfera pas les sceptiques, ainsi que ceux qui seront toujours convaincus que Macky Sall ne dit jamais la vérité au Peuple sénégalais. Mais le débat là aussi ne pourrait porter que sur des données, et ceux qui auraient des chiffres différents, avec des éléments pour les étayer, ne manqueront sans doute pas de les rendre publics.
On peut néanmoins déplorer que le format et l’organisation de la conférence de presse n’aient pas permis d’aborder des points bien plus importants que certains sujets à polémique qui ont été soulevés avant-hier. Ainsi, si le Président a indiqué pourquoi il n’a pas augmenté le nombre des bénéficiaires des bourses de sécurité familiales, il n’a pas été loisible de lui demander avec quelles ressources il comptait poursuivre ce programme, ainsi que celui de la Carte d’égalité des chances, qui représentent cha­que année une charge assez lourde pour les finances publiques, comme le considèrent certains secteurs de Peytavin, le siège du ministère de l’Economie, des finances et du plan. Surtout en période de tension de trésorerie.
Par ailleurs, pour la mobilité intérieure, une option semble avoir été faite de lier le sort de la Casamance à celui de la Transgambienne, alors que le contournement par Tamba­counda et Vélingara, même plus long, aurait l’avantage d’accélérer le développement de ces zones du pays et de réduire leur désenclavement.
De même, sur sa volonté d’impulser l’industrialisation du pays, comment le Président voit-il l’implication du privé national qui ne devrait pas être juste un appoint pour les investisseurs étrangers. Sans doute qu’un autre débat, après la Pré­sidentielle, permettra, sinon à Macky, du moins au prochain locataire de l’avenue Senghor, d’apporter ses réponses à ces questionnements.
mgueye@lequotidien.sn

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