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La présidence sénégalaise du Conseil de sécurité de l’Onu a pris fin hier. Plusieurs résolutions et décisions ont été prises et saluées par tous les membres du Conseil.

(Envoyé special à New York) – Après un mois à la tête du Conseil de sécurité de l’Onu, le Sénégal peut passer le témoin à l’Espagne avec le sentiment du devoir accompli. Durant ce mois de mars, le Conseil a pris huit résolutions et adopté trois déclarations présidentielles. Elles montrent le consensus général qui a prévalu durant ces trente jours. Dans les faits, le Conseil de sécurité a prorogé le  mandat de la Force multinationale de stabilisation en Bosnie-Herzégovine (Eufor-Athea) de douze mois, le mandat du Groupe de contrôle sur la Somalie et l’Erythrée, jusqu’au 15 décembre 2017 et de douze mois l’embargo sur les armes, en plus de réaffirmer l’interdiction d’importation et d’exportation du charbon en Somalie.
Par ailleurs, le mandat de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abiye (Fisnua) va se poursuivre jusqu’au 15 mai 2017, ainsi que le mandat du Mécanisme d’enquête conjoint Onu-Oiac sur l’usage des armes chimiques en Syrie, pour une période d’un an. «Poursuivant son soutien aux autorités somaliennes, le Conseil de sécurité a réaffirmé son engagement à lutter contre la piraterie et le vol à main armée aux larges des côtes somaliennes», a indiqué M. Seck. Dans le cadre des relations entre l’Onu et l’Union africaine, qui veut désormais assumer ses charges sécuritaires comme elle le stipule dans son «architecture de paix et de sécurité», le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la résolution 2320 qui laisse supposer que les Etats africains sont désormais prêts à prendre en charge leur propre sécurité. Jusqu’ici, ce n’est pas le cas. Il a fallu l’intervention de la France au Mali et en Rca pour sauver ces pays du chaos annoncé. «Cette résolution est une réponse à l’engagement fortement réaffirmé par les leaders africains, lors du Sommet de l’Ua  tenu à Kigali en juillet 2016, à travers la décision de financer 25% du coût total de ses initiatives en matière de paix et de sécurité, y compris les opérations de soutien à la paix», croit Fodé Seck.
 
La rhétorique et l’idéologie extrémistes
Au-delà de cette évaluation statistique de sa présidence, la diplomatie  sénégalaise a réussi à mettre sur la table du Conseil les débats sur  le financement des opérations de paix, la contribution à l’approfondissement de la réflexion et à l’intensification de l’action contre les menaces asymétriques qui sapent l’efficacité des opérations de maintien de la paix autant qu’elles mettent en danger la vie des soldats de la paix, la contribution à l’engagement de l’Organisation de la conférence islamique (Oci) à s’attaquer à la rhétorique et à l’idéologie extrémistes.
Bien que de nouvelles perspectives s’ouvrent dans certains pays, à l’image du Liban qui a un nouveau Premier ministre après 29 mois de crise politique, et en Rca avec la signature des stratégies nationales relatives au processus de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (Ddrr), à la politique sécuritaire et à la réconciliation nationale, il reste le dossier syrien où les positions de certains pays ont du mal à converger autour de l’essentiel. «Hélas, malgré l’attention que le Conseil accorde au dossier syrien, notamment l’examen mensuel du triptyque processus politique, dimension humanitaire et armes chimiques, la tragédie se poursuit en Syrie alors que nous continuons d’étaler nos dissensions sur la question. Après près de six années de conflit avec des centaines de milliers de disparus et une situation humanitaire des plus catastrophiques, le moment est venu d’œuvrer pour une solution politique définitive à cette crise», appelle M. Seck, le représentant du Sénégal auprès des Nations-unies.
L’absence de consensus international autour de la question syrienne ne peut pourtant pas masquer les «grandes réalisations du Sénégal» dont le succès de la présidence a été salué par les grandes puissances comme la France ou la Grande Bretagne, lors d’une séance de débriefing au siège de l’Onu.
bsakho@lequotidien.sn
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