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Pour asseoir sa prétention d’être «la voix des sans voix», Sidy Lamine Niasse lance un cri du cœur sur les 260 pages de son ouvrage intitulé «L’étranger auprès des siens», présenté hier au siège du groupe Walfadjri. Il compare son vécu à celui des marginalisés du système, retrace son histoire et celle politique du Sénégal  dans cette compilation.

Un cri de cœur. C’est en ces mots que Sidy Lamine Niasse, Pdg du groupe Walfadjri, a résumé son ouvrage intitulé «L’é­tran­ger parmi les siens», lors de la cérémonie de dédicace, qui a regroupé des religieux, des diplomates et des leaders de l’opposition, dans une salle totalement pleine. Le livre de  260 pages est une compilation des écrits réactualisés de Sidy Lamine Niasse et des ouvrages comme «Un arabisant entre presse et pouvoir», «Chérifou : la fin de la nuit», ainsi que «Abdoulaye Wade : un président par défaut» et deux autres pamphlets dont l’un a été écrit en prison, et titré «Le système islamique». Le dernier traite de la question de savoir s’il faut serrer la main d’une femme ou pas. Fidèle à sa philosophie de porter «la voix des sans voix», Sidy Lamine Niasse s’est mis dans la peau des exclus du système en utilisant la «troisième personne du singulier» car il est convaincu que  son «expérience et sa vie», sont  «semblables à celles de la plupart des Sénégalais». Il explique : «D’abord, les arabisants puisqu’ils ont été laissés pour compte,  mais aussi des gens qui ont appris le français, qui habitent depuis longtemps dans la banlieue et qui sont aussi laissés pour compte». C’est à ces deux catégories que Sidy Lamine Niass déclare qu’ils «se sentent souvent comme des étrangers chez eux», qu’il s’identifie et dont il retrace la vie dans ses 260 pages. C’est pourquoi, le journaliste Mame Less Camara estime que l’ouvrage «négocie des virages, contextualise des arrière-fonds et raconte l’histoire du Sénégal en vous tenant la main pour vous ramener à la case départ». Pour Abdoulaye Diallo, éditeur à l’Harmattan Sénégal, Sidy n’a pas cédé à l’image que la société a voulu lui imposer, il retrace sa vie et montre qu’il n’est parti de rien pour arriver au sommet. Après un bref rappel sur les principes directeurs de l’éthique et de la déontologie du journaliste, l’ex Premier ministre Abdoul Mbaye lit dans le livre sa «propre histoire».
A travers son parcours dans le temps, l’auteur affirme qu’il suffit de faire un  tour dans certaines régions du Sénégal pour qu’on vous demande comment vont les gens du Sénégal, «parce qu’ils ne se considèrent pas comme des Sénégalais, mais comme des étrangers chez eux». C’est ce «sentiment de marginalisé qui s’est installé au fil des années en créant des classes et en excluant certains qui fait qu’un homme se voit comme un étranger dans son propre pays», a-t-il dit.  Alors la faute à qui, à la société elle-même ou aux différents régimes ? Pour M.  Niasse, la réponse est claire, il n’y a jamais eu de régime différent au Sénégal, mais «un seul régime» qu’il qualifie de régime colonial  dans le livre, «hérité par Senghor, repris par Abdoulaye Wade et dont Macky Sall assure la continuité». L’étranger parmi les siens est la preuve qu’il n’y a «rien de nouveau sous le soleil», que le Sénégal est toujours «colo­nisé» et il est  en quête de liberté et d’indépendance pour se sauver de l’exploitation faite par les étrangers, sur ces ressources.
msfaye@lequotidien.sn

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