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Lors de sa première conférence de presse depuis le renouvellement de ses instances, le Forum civil est longuement revenu sur les questions urgentes de l’heure comme le processus électoral, les remous dans le monde social et aussi la non-publication des rapports 2016 et 2017 de l’Ige, le traitement des dossiers judiciaires transmis au Parquet.

Le Forum civil, qui est sorti de ses années de léthargie à la suite du renouvellement de ses instances le mois dernier, a décidé d’interpeller les autorités sur «les vrais enjeux de l’heure». Il s’agit surtout de clarifier la gestion de certains dossiers judiciaires pendants, malgré les cadres mis en place pour contrôler les deniers publics. «Ces mesures institutionnelles et juridiques n’ont pas empêché des dérives considérables constatées dans la gestion des ressources financières publiques, en attestent les différents rapports sur les gestions du Coud, du King Fahd Palace, de la société nationale La Poste, ainsi que , d’ailleurs, le marché des cartes d’identité numérisées, les conditions d’octroi du Port minéralier de Bargny, des blocs de Kayar et de Saint-Louis à Petrotim, les condition d’octroi du contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures sur le bloc de Rufisque offshore profond d’une superficie de 10 mille 357 km2 .. On peut citer aussi : la gestion du Fesman, le contrat de Securiport, la construction de la Maison du Sénégal à New York et les rapports d’audit transmis au procureur de la République par l’Ofnac jusque-là sans suite», rappelle le Forum civil. En tout cas, Birahim Seck, coordonnateur de l’organisation, appelle le président de la République «à renouer avec les pratiques de bonne gouvernance entamées au début de son mandat». Cela passe par le remplacement du «directeur général de l’Armp dont le mandat a pris fin depuis plus d’un an, afin de renforcer la crédibilité de la régulation et du contrôle des marchés publics au Sénégal». Soucieux de la transparence dans la gestion des affaires publiques, la section sénégalaise de Transparency international interpelle le Conseil de régulation de l’Armp, la Dcmp et le ministère de l’Economie, des finances et du plan et l’Assemblée nationale «à apporter des éclairages sur les 837 milliards 511 millions 991 mille 294 F Cfa de marchés attribués directement et immatriculés dans le cadre de Conventions de financement ainsi que les financements non concessionnels et non préférentiels (taux d’intérêt, durée de la convention, différés, frais de gestion, commission de signature et autres commissions)». Dans la même veine, l’organisation qui se nourrit de transparence demande au gouvernement de produire des informations exhaustives sur «les 78 milliards consentis pour l’acquisition d’équipements et de matériels agricoles, mais aussi sur les 302 milliards de F Cfa investis dans l’achat de semences, de fertilisants et pour soutenir les prix aux producteurs».
Ces exigences de transparence doivent être assurées par des corps de contrôle à l’image de l’Ige et l’Ofnac qui doivent «respecter la loi en publiant respectivement les rapports sur l’état de la gouvernance et la reddition des comptes de 2016 et 2017 (Ige) et les rapports d’activités sur la corruption (Ofnac)». Birahim Seck «demande au procureur de la République de donner suite aux rapports d’audit qui lui ont été transmis par l’Ofnac, par le ministère de la Justice (rapports de l’Armp) ainsi qu’aux cas pour lesquels il a été saisi par des organisations de la société civile».
En tout cas, M. Seck est très énervé que les questions politiques parasitent le débat sur la sécurité, le dialogue social et la gestion des ressources publiques. Il dit : «Les débats sur les urgences nationales sont plutôt dominés par des préoccupations politico-politiciennes au détriment d’autres questions plus essentielles telles que la sécurité nationale et sous-régionale, l’éducation et la santé, le plein emploi, les politiques agricoles, la gestion des ressources naturelles, entre autres. Il est de notoriété publique que notre zone du sahel est actuellement victime de la propagation des actes terroristes qui n’épargnent a priori aucun de nos pays. Ces enjeux sécuritaires, hautement stratégiques, doivent donc interpeller la conscience et le comportement de tout un chacun. Et c’est pour souligner que les remous internes indignes d’une grande démocratie faciliteront toute initiative de déstabilisation du pays, surtout dans un contexte de découverte du pétrole et du gaz.»
mfkebe@lequotidien.sn

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