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Les populations de la commune de Madina Wandifa ont soif, car le château d’eau ne fonctionne plus depuis plus d’une dizaine de mois. Pour s’approvisionner en liquide précieux, c’est la ruée vers des rares puits de cette commune du département de Bounkiling. Profonds de plus d’une trentaine de mètres, ils peinent souvent à assouvir les besoins des nombreux usagers. Désemparées, les populations ne savent plus à quelle source se fier. Pour «porter à la connaissance du président de la République et de l’opinion nationale et internationale leur souffrance atroce est insupportable», des jeunes, des femmes et même des personnes du 3e âge ont investi la rue pour partager leur indignation. Ce qui était annoncé comme une marche pacifique a failli dégénérer. Et ni le maire ni l’adjoint au préfet de Bounkiling encore moins le sous-préfet n’ont pu calmer l’ardeur des manifestants qui, à travers des pancartes, exposent leur souffrance. «Ces souffrances sont exclusivement dues au manque du liquide précieux dans cette commune de plus de 17 mille âmes. La pénurie impacte négativement la santé et l’éducation», souligne Daffé Bayo.
Natif de cette commune, le président du Conseil régional de la jeunesse déplore le taux élevé de mortalité maternelle et de la déperdition scolaire des filles qui passent la plupart de leur «temps au puits». Cette pénurie date de longtemps. Acquis en 1983, le forage n’a pu résoudre la question. C’est pourquoi «lors du Conseil des ministres décentralisé tenu à Sédhiou le 25 février 2015 et suite à la demande du maire de la commune, le Président avait donné des instructions au ministre de l’Hydraulique d’octroyer un nouveau forage à la commune de Madina Wandifa. 11 mois après, le forage a été construit». Seulement en lieu et place d’un édifice complet dont un château et un réseau d’adduction, la commune est dotée d’un château sans réseau et qui est raccordé à l’ancien réseau d’adduction déjà vétuste de plus de 36 ans. «Cela a entraîné des dysfonctionnements récurrents du forage, caractérisés par des pannes de la pompe, la faiblesse du débit, la baisse de tension occasionnant l’arrêt définitif de l’ouvrage depuis presque 10 mois», regrettent les populations. Madina Wandifa est sortie dans la rue pour rappeler au Président que «malgré l’installation du nouveau forage, la question de l’eau n’est pas encore résolue». «Nous sommes sortis pour dénoncer les mauvaises conditions dans lesquelles nous vivons depuis une année. Nous exigeons que le gouvernement mette fin à cette situation, martèle le porte-parole des manifestants. Il est inimaginable qu’une population de plus de 17 mille âme reste sans eau portable pendant presque 1 ans», déplore Kouka Faty. Suite à l’interpellation du député-maire Malang Séni Faty lors du vote du budget du ministre de l’Eau et de l’assainissement, Serigne Mbaye Thiam a dépêché une mission pour faire l’état de lieu.
L’inspection technique de l‘ensemble des ouvrages a révélé de multiples dysfonctionnements, notamment au niveau du réseau. La mission a formulé des recommandations pour «résoudre de manière définitive cette situation désastreuse que vivent les citoyens de la commune de Madina Wandifa». 450 branchements sont à reprendre et 500 nouveaux à faire. Il est prévu de construire un abreuvoir pour le bétail. Le rapport de la mission indique la mise en place d’un comité de pilotage composé de 8 membres. «Ce rapport de la mission du ministère de l’Eau et de l’assainissement montre à suffisance qu’avec un peu de volonté, il est possible de trouver des solutions», explique M. Faty. Rouges de colère, les populations qui ont barré la Rn4 et la route Sédhiou-Madina Wandifa jusqu’à 11 heures 30 invitent le président de la République et son gouvernement à résoudre «immédiatement la question de l’eau à Madina Wandifa. C’est pour donner un sens au concept Sénégal émergent de tout et pour tous».

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