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Sa star, Liu Yifei, a défendu la police hong-kongaise contre les manifestants pour la démocratie, et le tournage a eu lieu près des camps de Ouïghours, en Chine.

En adaptant son dessin animé culte de 1998, Disney veut ouvertement courtiser le public chinois : Mulan, grosse production épique de Niki Caro, raconte le parcours héroïque d’une figure légendaire de la culture chinoise. De plus, bien qu’il ait été tourné en langue anglaise, le blockbuster est porté par des comédiens locaux très populaires, tels que Jet Li, Gong Li ou Donnie Yen. Pourtant, alors que le film doit sortir là-bas, au cinéma, ce vendredi 11 septembre, après avoir été proposé avec un supplément sur Disney + en Amérique du Nord et en Europe (mais pas en France, où il faudra attendre décembre pour le découvrir sur la plateforme, gratuitement), Mulan ne cesse de faire polémique.

Liu Yifei, l’anti-Mulan ?
Depuis plusieurs mois déjà, un mouvement  #BoycottMulan a été lancé par des activistes pro-démocratie, suite aux propos de l’interprète de l’héroïne, Liu Yifei, qui a défendu la police lors des manifestations qui ont eu lieu à Hong Kong. L’été dernier, cette comédienne sino-américaine a partagé deux messages sur le réseau social Weibo, très populaire en Chine : «Je soutiens la police de Hong Kong, vous pouvez me frapper, maintenant. Quelle honte pour Hong Kong ! » Un message difficile à accepter pour les manifestants défendant la démocratie. Si elle a tenté de calmer les choses depuis, notamment en justifiant au Hollywood Reporter que cette situation politique était «très compliquée» et qu’elle n’était «pas une experte» à ce sujet, l’actrice est devenue le symbole de l’oppression chinoise contre son peuple pro-démocratie. La voir incarner une héroïne féministe et libre telle que Mulan envoie un message insupportable, explique notamment Joshua Wong, l’un des leaders de ce boycott : «Parce que Disney courbe l’échine devant Pékin et que Liu Yifei soutient ouvertement et avec fierté les violences policières à Hong Kong, je demande à tous ceux qui croient aux droits de l’Homme de boycotter Mulan». En août, l’arrestation d’une manifestante, Agnes Chow, a relancé cet appel au boycott, plusieurs activistes la présentant comme la «vraie Mulan», contrairement à Liu.

La répression contre les Ouïghours en toile de fond
En plus de cette première polémique, une seconde vient s’ajouter depuis que le film est présent sur Disney +. Son générique a été épluché et il y apparaît des remerciements à plusieurs entités gouvernementales de Xinjiang, la région dans laquelle a été tournée une bonne partie de Mulan. Le problème, c’est qu’elle est depuis plusieurs mois scrutée par les organismes de défense des droits de l’Homme, depuis la découverte de camps de «rééducation» de la communauté Ouïgour. Ces Musulmans, installés en Chine depuis plus de mille ans, sont environ 11 millions dans cette vaste région, et sont persécutés par le gouvernement pour leurs croyances. Il est estimé qu’environ 1 million de personnes ont déjà été arrêtées et emprisonnées dans des camps de travail. Une grande campagne de stérilisation est également en cours. Un scandale humanitaire qui est de plus en plus dénoncé à l’international. Le Washington Post a publié un long article sur le sujet, dénonçant le soutien supposé du studio au gouvernement qui a mis en place ces mesures qui ne respectent pas les droits de l’Homme : «Pour tourner Mulan, Disney a travaillé avec quatre départements de la propagande et le bureau de la sécurité publique dans la région chinoise de Xinjiang, lieu où a cours le génocide de Musulmans. C’est horrible.» (…)
Premiere

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