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Lula est allé à la rencontre des 5 000 militants dont son successeur Dilma Russef venus le soutenir à Curitiba, le 10 mai 2017.

Il espère bien revenir aux affaires l’an prochain, en briguant à nouveau la Prési­dence du Brésil, six ans après l’avoir quittée. Mais Lula da Silva devra peut-être réviser sérieusement ses ambitions à la baisse. L’ex-chef d’Etat a été interrogé pendant cinq heures, mercredi 10 mai à Curitiba, par un célèbre juge anticorruption dans le cadre de l’enquête sur le scandale Petrobras.

Luiz Inácio Lula da Silva est inculpé par la justice de son pays, accusé d’avoir reçu des dessous de table dans l’affaire Petrobras, l’entreprise pétrolière publique brésilienne au cœur d’un gigantesque scandale.
Son audition était un moment très attendu, car il s’agissait du premier face-à-face entre l’ancien Président brésilien et le célèbre juge anticorruption Sergio Moro. Le juge fait trembler la classe politique avec l’opération «Lava jato», lavage express, qui a révélé ce vaste réseau de corruption.
Une entreprise de Btp impliquée dans le scandale Pe­trobras aurait offert à Lula un grand appartement en bord de mer avec vue plongeante sur une plage de la station balnéaire de Guaruja. L’intéressé a toujours démenti en être le propriétaire, mais des photos ont été publiées. On le voit en train de visiter ce triplex de luxe, notamment pour y installer un ascenseur.
Cette histoire a quelque peu tourné au roman feuilleton avec le temps et l’icône de la gauche sud-américaine aurait également bénéficié d’autres avantages en nature de la part de cette entreprise pour un montant de plus d’un million d’euros.

Un frein aux ambitions politiques de Lula
Lula risque l’incarcération. Et selon la loi brésilienne, s’il est condamné à la prison à deux reprises, il deviendra inéligible. Or, il clame non seulement son innocence, mais aussi sa volonté d’être candidat à la Prési­dentielle l’an prochain. Objectif : rendre le pouvoir au Parti des travailleurs après la décision de Dilma Rousseff et son remplacement par l’ancien vice-président Michel Temer.
L’ancien syndicaliste est d’ailleurs en tête dans les sondages, et il a convoqué ses partisans à la sortie de son audience pour dénoncer une persécution politique. «C’est une mascarade», a-t-il scandé à sa sortie devant une foule de militants. Mais il s’est dit prêt à coopérer avec la justice.
Après son entrevue avec le juge, il est ainsi allé à la rencontre de quelque 5 000 militants qui avaient fait le déplacement vers cette ville de province, Curitiba, pour le soutenir. En présence de l’ancienne Présidente Dilma Rousseff, Lula a dit : «Je suis en vie et je me prépare à être candidat.» Et de lancer : «J’irai à autant d’audiences qu’il le faudra. J’irai faire autant de dépositions qu’il le faudra, car s’il y a un Brésilien, un être humain à la recherche de la vérité, c’est moi.»
rfi.fr

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