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(FILES) In this file photo taken on September 2, 2019 Britain's Work and Pensions Secretary and Women's minister Amber Rudd leaves the Cabinet Office on Whitehall in London. British Prime Minister Boris Johnson received a fresh blow on September 7, 2019 when senior minister Amber Rudd quit her work and pensions post in protest at his handling of the Brexit crisis. / AFP / Ben STANSALL

La ministre britannique chargée du Travail et des retraites, Amber Rudd a annoncé sa démission samedi, en raison de son désaccord avec la stratégie de Brexit du Premier ministre, Boris Johnson, qui essuie là un cinglant désaveu.
«Je ne peux pas rester alors que des bons, loyaux conservateurs modérés sont exclus», a déclaré dans un communiqué la ministre et députée, en référence à l’exclusion du Parti conservateur de 21 députés qui ont voté cette semaine avec l’opposition une proposition de loi destinée à éviter un Brexit sans accord.
Amber Rudd quitte à la fois le gouvernement, dont elle était un personnage clé, et le Parti conservateur, critiquant très vertement la stratégie du chef du gouvernement. Dans une lettre au premier ministre postée sur Twitter, elle qualifie l’exclusion des 21 «rebelles» d’«assaut à la décence et à la démocratie».
Elle qui avait voté pour rester dans l’Union européenne lors du Référendum de juin 2016 estime que l’«objectif principal» du gouvernement n’est plus d’obtenir un accord de sortie avec l’Union européenne.

«Le gouvernement John­son s’effondre»
«J’avais rejoint votre gouvernement en toute bonne foi : accepter le “no deal” devait être sur la table, car c’était le moyen par lequel nous aurions les meilleures chances de parvenir à un nouvel accord pour sortir (de l’Ue) le 31 octobre, écrit-elle. Cependant, je ne crois plus que partir avec un accord soit l’objectif principal du gouvernement.»
C’est un nouveau revers pour le chef du gouvernement qui n’a plus de majorité au Parlement et dont la stratégie sur le Brexit a été court-circuitée par les députés. «Le gouvernement Johnson s’effondre», a réagi sur Twitter Keir Starmer, référent sur le Brexit au sein du Labour, principal parti d’opposition. Nigel Farage, l’europhobe chef du Parti du Brexit se demandait, lui, sur le même réseau social «pourquoi Boris avait confié des postes ministériels à des “remai­ners” (en faveur du maintien dans l’Ue) en premier lieu».
Jeudi, c’est le propre frère de Boris Johnson, Jo, qui avait claqué la porte du gouvernement, expliquant placer l’«intérêt national» avant la «loyauté familiale». Avec cette nouvelle démission, Boris Johnson s’englue dans une crise politique dont il semble difficile de se sortir.

Possible retour aux urnes
Les députés ont adopté mercredi un texte qui le contraint à repousser de trois mois la date du Brexit, prévu le 31 octobre, s’il ne trouve pas un accord de divorce avec l’Union européenne d’ici le 19 octobre, soit juste après le prochain Conseil européen.
Les Lords ont également voté en faveur du texte vendredi. Celui-ci doit désormais rece­voir l’accord de la reine Eliza­beth II, dès lundi, pour devenir loi. Le Premier ministre a cependant affirmé qu’il préférerait «mourir au fond d’un fossé» plutôt que de repousser le Brexit.
Il a toujours répété que son pays sortirait de l’Union européenne le 31 octobre, accord ou pas avec l’Ue. Il espère désormais que l’opposition approuve sa demande d’organiser des élections anticipées mi-octobre, afin de se donner une majorité pour le soutenir dans ses projets.
Le gouvernement a déjà tenté cette semaine de faire approuver la tenue d’élections anticipées par les députés, mais ceux-ci ont rejeté cette option. Le succès est loin d’être garanti pour la deuxième tentative du gouvernement lundi, les partis de l’opposition préférant s’assurer d’abord que le pays ne quitte pas l’Union européenne sans accord.
lemonde.fr

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